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énergie, «si le capital ne rapporte pas un revenu en excès de ce qui a été dépensé,
il n’y a pas d’intérêts sur le capital »*. Si l’on considère cette question comme
fournissant matière à contestation entre le capital et le travail; si l’on fait valoir,
par exemple, sur la base des faits mentionnés plus haut, que l’exploitant (le
capital) est lésé en ce qui concerne cette forme de revenu, il est important que les
données du problème soient posées avec exactitude et nous avons pensé que les
quelques remarques qui précèdent permettraient peut-être de s’en faire une idée
plus impartiale ?.
VI. DÉFINITION ET RÉMUNÉRATION DU TRAVAIL
Au nombre des éléments du coût de la production, celui qui devait naturelle-
ment intéresser le plus vivement le Bureau international du Travail, étant donné
le sujet qu’il avait à traiter, était le travail agricole, ou, plus exactement, le travail
de direction et le travail proprement dit.
Lorsqu'il s’est efforcé de déterminer exactement cet élément, le Bureau inter-
national du Travail n’a pas toujours pu discerner si, dans le coût du travail, les
statistiques font entrer en ligne de compte les services du vétérinaire, le travail
occasionnel du bourrelier ou du forgeron, le louage des machines et le salaire de leurs
conducteurs, les allocations en nature, la valeur du logement, les sommes versées
par l'employeur pour les différentes assurances sociales. Quant au coût des travaux
d'amélioration préparatoires à la culture, il ne peut être compris dans le coût
annuel des travaux ordinaires.
Une autre question importante est celle de l’emploi des travailleurs saisonniers.
L'agriculture est essentiellement une industrie du printemps et de l’été. Pendant
la saison d’hiver, deux cas peuvent se produire: l’ouvrier agricole saisonnier tra-
vaille dans une autre industrie, et l’agriculture n’a pas à supporter les frais de sa
subsistance pendant cette saison, ou au contraire ces frais sont assumés d’une
manière quelconque par l’industrie agricole elle-même. Lorsque l’agriculture est
libérée de la charge d’entretenir ses travailleurs en hiver?, il en résulte, pour le
bilan national du travail agricole, une diminution qui n’existe pas dans d’autres
pays. Lorsque l’agriculture assume cette charge, différents cas peuvent se présenter
suivant les circonstances. Le travailleur, qui est en même temps fermier ou fait
partie de la famille du fermier, tire évidemment sa subsistance de la ferme pendant
la saison d’hiver également, et il en est de même du domestique agricole logé à
la ferme, et de ses avants droit. Par contre, les autres travailleurs ne sont pas
1 The Scottish Farm Servant, août 1926, vol. XIV, n° 161, p. 70.
? Il était impossible de faire abstraction de cette question dans notre mémoire. En
effet, si l’on exclut l’intérêt du compte des frais {nous avons adopté cette méthode dans tous
les cas où cela nous était possible), on est obligé de le porter au rendement net, et ceci est
d’une grande importance pour la question du salaire considéré comme un revenu.
‘ 3 Cette différence doit entrer en ligne de compte lorsqu’on compare le coût du travail
dans l’agriculture et dans l’industrie.