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constate que la proportion du coût du travail dans le coût total augmente avec
l'étendue des fermes, mais que cette augmentation est interrompue pour le groupe
des fermes de 50 à 100 hectares. Les plus grandes exploitations sont incontes-
tablement celles pour lesquelles le pourcentage du coût du travail est le plus élevé.
Dans le centre de la Suède, le mouvement est encore plus complexe. Le coût
total ne diminue pas régulièrement lorsque la superficie de la ferme augmente ;
au contraire, pour les fermes de 50 à 100 hectares, le coût total par hectare est
plus élevé que pour celles de 10 à 25 hectares. En ce qui concerne le coût du travail,
le mouvement est sensiblement le même, mais moins progressif. La conséquence
de ces deux mouvements est que, sous réserve d’une seule exception, le pourcentage
du coût du travail, dans le coût total de la production, est moins élevé dans les
plus grandes fermes.
En Suède septentrionale, l’étendue des exploitations ne joue aucun rôle.
D’autre part, les pourcentages du coût du travail ont accusé de 1922-1923 à 1923-
1924 une diminution importante qui s’explique peut-être par la réduction (voir
ci-dessus) de l’étendue des terrains consacrés aux cultures.
L'auteur des rapports suédois, M. Nanneson, a pu, à l’aide des données rela-
tives à la somme de travail utilisée dans les différentes cultures des entreprises
agricoles en Suède, calculer ce qu’il désigne sous le nom de «besoin normal » de
travail dans l’agriculture suédoise. Ce besoin normal de travail est établi en heures
de travail individuel (hommes). Les résultats ainsi obtenus ont été appliqués à
certaines des fermes étudiées, notamment à celles ayant obtenu les meilleurs résul-
tats et à celles ayant obtenu les résultats les plus médiocres. La somme réelle de
travail utilisée dans ces fermes a été calculée en divisant la somme totale de la
rémunération au travail par les tarifs normaux de salaire horaire. Le rapport de
la somme, réelle de travail au «besoin normal » de travail, multiplié par 100, est
appelé l'indice du coût du travail. Lorsque cet indice dépasse 100, il signifie que
l'exploitation a employé plus de main-d'œuvre qu’il n’était nécessaire. Il n’a pas été
tenu compte des conditions topographiques spéciales des fermes ou du paiement
de tarifs de salaires différents des tarifs normaux. Il est nécessaire cependant de
tenir compte de ces faits lorsqu’on cherche à déterminer la valeur des résultats.
Ces calculs ont été employés, dans les rapports suédois, en vue d’examiner le rap-
port du coût du travail aux bénéfices.
Les deux tableaux III et IV ci-après montrent le rapport du coût du travail
aux pourcentages des bénéfices sur le capital et à l’indice du coût du travail, pour
ün certain nombre des fermes les meilleures et les plus médiocres de la Suède
méridionale et centrale.