XIV
AVANT-PROPOS
marquent également une avance. L’industrie minière montre
une augmentation progressive des exportations de ses pro
duits ; le cuivre, en raison de son prix, procure d’excellents
résultats à quelques exploitants privilégiés par les communi
cations, mais c’est l’argent qui donne, en général, les rende
ments les plus importants. Les ressources de l’agriculture
nationale sont sérieuses et satisfaisantes; elles auraient permis
une notable amélioration sans les difficultés politiques des
trois dernières années.
Si les événements auxquels nous faisons allusion, et qui ne
purent heureusement prendre un caractère sérieux, indiquent
que les factions créées par des ambitieux sans patriotisme ont
encore une certaine vitalité au Pérou, ils démontrent aussi que
le peuple montre de moins en moins d’enthousiasme à se lan
cer à leur instigation dans des aventures révolutionnaires
dont il est toujours la victime. Ils prouvent surtout que tout
gouvernement régulier peut aujourd’hui compter sur le con
cours sérieux et sur la loyauté de l’armée pour le maintien de
l’ordre public.
L’armée, aujourd’hui placée sous le commandement effectif
du général Clément, qui en 1895, alors chef de bataillon, fut
envoyé comme chef de la première mission militaire française,
a été complètement réorganisée, Une nouvelle mission fran
çaise composée de colonels a été engagée par le gouvernement
péruvien en novembre 1912. — La marine de guerre a été ren
forcée par l’acquisition d’un transport, de plusieurs croiseurs
et tout dernièrement d’un cuirassé et d’un submersible achetés
à la France. L’activité du nouveau président se porte déjà sur
l’achèvement de 2.766 kilomètres de chemins de fer actuelle
ment en construction.
On peut espérer que la période présidentielle, qui a com
mencé le 24 septembre 1912 avec l’avènement au pouvoir de
M. Billinghurst, sera grandement favorable au Pérou. Les
débuts de cette présidence ont été heureusement marqués par
un événement des plus importants : après des négociations
rendues difficiles par l’intransigeance des partis chauvins et
des passions populaires, si facilement excitables au Pérou et
surtout au Chili, un accord célébré avec le Chili ajourne à
vingt ans, c’est-à-dire en 1933, le plébiscite qui doit solution-