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« I] existe aussi aux Etats-Unis et dans plusieurs Etats de la
Confédération des formes d’arbitrage volontaire ou obligatoire.
Dans certaines de ces législations, on n’arrive pas à l'arbitrage,
mais on impose l’enquête obligatoire, ce qui détermine, sous
une forme indirecte, une solution obligatoire de la sentence.
«Il y a, dans la législation fédérale des Etats-Unis, depuis
1888, une loi en vertu de laquelle le président des Etats-Unis
peut nommer deux commissaires. Ceux-ci, de concert avec le
commissaire général du travail examinent le différend qui, pour
être du ressort de la Confédération, doit naturellement avoir
un caractère de conflit entre Etats.
« Mais on a été plus loin en Nouvelle-Zélande, avec la loi
de 1894, qui interdit la grève et le lock-out. Tout différend
est porté devant le tribunal de conciliation de première ins-
tance et devant les Cours d'arbitrage en seconde instance, et
ces Cours jugent sans appel.
«Tous les Etats de l'Australie ont institué l’arbitrage obli-
gatoire. En 1910, le Kansas, l’un des Etats de la Confédération
des Etats-Unis, adopta une législation identique, à la demande
des industriels, qui ayant eu 705 grèves en trois ans, n’en dési-
raient évidemment pas davantage.
« La loi roumaine de 1920 qui interdit toute suspension de
travail ayant une autre origine que les conditions mêmes du
travail est aussi importante. Elle range les industries dans
deux catégories: les industries d’utilité publique et les industries
privées. Pour les premières, on applique l'arbitrage obligatoire,
pour les secondes une tentative de conciliation obligatoire est
prescrite.
«On comprend parfaitement que la législation de nombreux
pays se soit efforcée de réduire le nombre des grèves et ait
cherché d’y mettre fin de la façon la plus satisfaisante et
dans le plus bref délai possible.
« D’après certains calculs, durant les cinq années comprises
entre 1920 et 1925, 200 millions de journées de travail ont été
perdues sur le continent européen et aux Etats-Unis. La ri-
chesse dispersée de ce chef est évaluée à 400 millions de livres
sterling.
«A une époque où la grève avait pris la forme d’une
véritable manie, un ouvrier authentique, membre du Comité
central, nommé Allan, déclara que les grèves ne représen-
tent pour les ouvriers et pour les patrons qu'un gaspillage
de richesse; mais le syndicat des maçons de Portsmouth alla
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