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sations puissantes qui fleurirent dans un régime de liberté et
de suffrage universel, créèrent bientôt une situation parfai-
tement inverse de celle qui s’était produite après la révolution.
Cette même arme que la bourgeoisie avait brandie pour affirmer
son pouvoir, finit par se retourner contre elle, et par menacer
non seulement le pouvoir mais l'existence même de l’Etat.
« C’est que l’équilibre entre les classes, rompu par la révo-
lution française, n’avait plus été rétabli; les vicissitudes de la
vie économique et politique provoquèrent d’abord l’oppres-
sion de là classe ouvrière, puis celle des classes capitalistes.
« Déséquilibre dangereux en lui-même, et plus encore dans
ses conséquence politiques. Car ce flux et ce reflux, ces luttes
incessantes déterminèrent la désagrégation de l’Etat, c’est-à-
dire l’oppression de tous. Telle était la situation qui existait
en Italie dans les années qui précédèrent la marche su Rome.
«Le fascisme a eu le mérite historique de rétablir l’équi-
libre entre les classes, de se placer entre les classes dans une
situation d’arbitre et de régulateur, de façon à empêcher que
l’une n’opprime l’autre et que la lutte de l’une contre l’autre
n’affaiblisse l’Etat, en provoquant la servitude et la misère
des citoyens.
«Telle est la valeur historique du fascisme dans le domaine
social, telle est la valeur historique dans le domaine social de
la loi que nous diseutons, laquelle n’est donc pas une loi anti-
prolétarienne, pas plus qu’elle n’est une loi anti-capitaliste: c’est
uniquement une loi d’équilibre social. Et, en vérité, si nous
devions formuler un jugement sur la portée sociale de ce projet
de loi, en le déduisant de l’accueil qu'elle a reçu des différentes
catégories et des divers groupes sociaux, nous devrions conclure
qu’elle est plutôt favorable aux travailleurs, car elle a été mieux
accueillie par la classe ouvrière que par la classe patronale.
«En effet, je n’ai eu que des approbations dans le camp
des travailleurs, des approbations d’obseurs ouvriers qui ont
vu. vraiment une libération dans ces dispositions législatives.
La tutelle des démagogies bourgeoises sur les travailleurs a enfin
disparu; l’exploitation politique des ouvriers a pris fin.
« Ce régime a été accusé d’enlever toutes les libertés, et
c’est lui qui rend à chacun sa liberté.
« L'accueil que le prolétariat à fait au projet de loi est la
meilleure réponse que nous puissions donner à nos adversaires
qui, dans la Chambre, et au dehors, ont accolé à ce regime
l’épithète d’anti-prolétarien.