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pas d'autre moyen, pour défendre leurs intérêts matériels et
moraux que de s’adresser aux démagogues. Et les démagogues
se faisaient payer très cher leurs services.
« Les améliorations et le traitement plus humain que les
foules ouvrières ont obtenus, elles les ont payés à leurs
organisateurs socialistes, matériellement, moralement et poli-
tiquement.
« Pour la première fois aujourd’hui, grâce à cette loi, se
trouvent garantis aux foules la protection à laquelle elles
ont droit, le soin de leurs intérêts matériels et moraux, de
leur instruction et de leur éducation, sans qu’on leur demande
en échange de devenir un moyen et un instrument de domi-
nation politique. La soustraction des masses ouvrières au
gouvernement des démagogues, la restitution qui leur est
faite de là liberté de penser politiquenrent comme elles l’en-
tendent, enfin la séparation établie entre la défense syndicale
et la politique, voilà un autre résultat décisif de cette loi.
«Le syndicalisme que nous consacrons, reconnaissons et
disciplinons, n’a rien de révolutionnaire, rien de contraire à
l’Etat, ce qui répond pleinement à la nature des choses, car
en soi le syndicalisme n’est ni révolutionnaire, ni contraire
à l’Etat, ni antinational; c’est un phénomène nécessaire et
éternel, qui appartient à toutes les sociétés et à toutes les pé-
riodes de l’histoire.
«Il n’y a en réalité aucune raison pour que le principe
syndical soit nécessairement rattaché à un certain système
politique, ou, ce qui est pis, à un certain système éco-
nomico-politique comme le socialisme. On peut et l’on
doit donc, et le fascisme l’a compris dès la première heure,
opérer finalement la séparation entre syndicalisme et so-
cialisme.
« Le socialisme a certains mérites envers les foules, et je
ne veux pas les méconnaître. Mais il a aussi des torts nombreux
et graves, particulièrement envers les masses ouvrières ita-
liennes à qui, en se faisant consciemment ou non l’instrument
des intérêts des grandes puissances hégémoniques étrangères,
il a toujours fait oublier qu’il n’y a pas seulement un problème
intérieur, mais aussi un problème international de la distri-
bution de la richesse.
« £t pourtant, la problème de la distribution internationale
de la richesse est le seul important et décisif pour les masses
ouvrières d’un pays pauvre, comme l'Italie.