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CONCLUSION.
L’examen détaillé des articles étant terminé, considérons
enfin le projet de loi dans son ensemble.
La conception sur laquelle il s'appuie peut se résumer dans
les termes suivants.
Le syndicalisme est un aspect fondamental de la vie
sociale moderne, mais au syndicalisme agissant contre l'Etat
doit être substitué un syndicalisme dans l’Etat, un syndicalis-
me qui accepte l’idée de patrie, qui subordonne les masses
syndicales aux exigences de la nation durant la paix et pendant
la guerre, qui s’inspire du principe que tous les facteurs de la
production doivent concourir harmonieusement en un même
effort, au lieu du principe de la lutte perpétuelle entre ces
facteurs.
Les conflits entre le capital et la main-d’œuvre doivent
trouver leur solution dans des moyens juridiques et non pas
dans l’exercice de la force. Le lock-out et la grève, vestiges
d’une période de lutte économique, doivent être interdits,
d’autant plus que l'Italie, très pauvre en matières premières,
ne peut interrompre fréquemment sa production et qu’elle
doit, dans la lutte de concurrence internationale, chercher à
compenser sa pauvreté en utilisant au maximum sa main-
d’œuvre, intelligente et forte, intimement associée à l’élément.
capitaliste et à l’élément technique.
L'Etat, sortant de son indifférence, au lieu de se consi-
dérer comme simple garant de l’ordre publie se donne une
tâche de justice sociale et de coordination des forces produe-
trices, tâche qui doit être accomplie en considérant sous un
angle essentiellement national les problèmes du travail.
: Certes, la responsabilité que l’Etat assume en agissant
ainsi est grande, et l’on ne saurait plus à propos rappeler l’an-
tique aphorisme: justitia regnorum fundamentum.
La loi sera bonne par dessus tout si elle est exécutée dans
un haut esprit de justice, de modération et d’équilibre; et le
plus grand titre d’honneur du Gouvernement national sera
de savoir réaliser la justice économique entre les classes pro-
ductrices.