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« Pour ce qui est des critiques du sénateur Loria relative-
ment à l'interdiction de la grève et aux peines qui sont prévues
pour ceux qui enfreindraient cette interdiction, je n’ai rien non
plus à ajouter aux observations si justes faites par le sénateur
Schanzer.Tlest naturel que le lock-out et la grève soient punis
comme des délits; c’est là une conséquence nécessaire de l’ins-
titution du tribunal du travail, car partout où l’Etat met un
juge, l’auto-défense doit être interdite. C’est là un principe
général qui trouve sa consécration dans les articles du code
pénal interdisant l’exercice arbitraire des propres droits et
le punissant. Ainsi demain, ceux qui feront valoir leurs raisons
au moyen de la grève et du lock-out au lieu de s’adresser
au tribunal du travail, commettront un délit. Pour d’autres
motifs, qui sont décisifs, on doit punir comme un très grave
délit la grève politique. La grève politique, considérée jusqu’à
ces derniers temps comme licite, est en réalité un très grave
délit, une forme très grave de violence publique. Changer la
volonté de l’Etat par la menace d’un grave dommage publie,
c’est un fait qui ébranle les fondements de l'Etat, attente à
Sa souveraineté et trouble profondément l’ordre publie.
«Il me reste à faire quelques petites observations au
sujet de questions particulières soulevées à propos de l’inter-
prétation de certaines dispositions de la loi. L'une est celle
de la reconnaissance des Confédérations. Il y a, en Cette ma-
tière, une divergence entre la Conféderation de l’Industrie
et la Fédération des Transports. Tandis que la première désire
concentrer en elle toutes les organisations industrielles patro-
nales, la seconde demande à être reconnue comme Confédé-
ration autonome. Le rapport de l’honorable M. Schanzer
examine avec une grande impartialité les motifs formulés
par l’une et l’autre partie. Je répéterai ce que j'ai dit à la
Chambre: d’une façon générale, on ne doit pas favoriser un frac-
tionnement excessif des organisations. On ne doit pas le dé-
sirer parce que le fractionnement excessif entraîne indubita-
blement une plus grande difficulté dans l’organisation des
forces de la production et de la main-d’œuvre ainsi que dans
l’établissement des contrats collectifs, lesquels doivent tenir
compte de certaines idées fondamentales et unitaires pour ne
pas créer cette disparité entre un lieu et l’autre que le séna-
teur Loria a signalée comme l’un des dangers de ces contrats.
« Mais si, en principe, le fractionnement n’est pas désirable,
il peut se faire que, dans des cas particuliers, une exception soit