DISCOURS DE M. MUSSOLINI, PREMIER MINISTRE,
AU SÉNAT. ’
«La loi qui est actuellement soumise à votre examen
est la plus courageuse, la plus audacieuse, la plus innova-
trice et par conséquent la plus révolutionnaire de toutes
celles qui vous ont été présentées au cours de ces 40 mois
de gouvernement.
« Mon collègue et ami M. Rocco a brillamment défendu
la loi, et la marche de la discussion, favorable dans son
ensemble, me dispenserait de prendre la parole si je ne voulais
soumettre à l’examen du Sénat quelques considérations d’ordre
historique.
« «Cette loi vient après 40 mois d’expérience politique,
après deux ans et demi de syndicalisme national fasciste.
Comment est né ce syndicalisme ? Où est-il né? Quand est-il né ?
Acte de naissance: 1921. Lieu: la Vallée du Po. Circonstances :
la conquête et la destruction des forteresses révolutionnaires.
Cette conquête et cette destruction, qui étaient nécessaires,
ont fait couler beaucoup de jeune sang fasciste. Le premier
syndicalisme fut done un syndicalisme nettement rural.
Ce fut la révolte des gens rançonnés, des petits propriétaires,
des fermiers, des métayers; dans une seconde période, le
prolétariat rural y adhéra.
«Un problème se posait: que devait être ce syndica-
lisme ? Devait-il se borner à être un syndicalisme rural ?
Non. Ceux qui dirigeaient le fascisme se préoceupèrent de
prendre position dans les services publics, et l’on vit naître
alors l'Association nationale des cheminots fascistes, qui a
purifié le milieu où elle agissait. On vit naître des organi-
Sations analogues parmi le personnel des postes et télégraphes,
grâce auxquelles les agitations passées ne sont plus qu’un
Souvenir. Mais cela ne suffisait pas. T1 fallait aller aussi vers
les foules urbaines, vers le prolétariat industriel.
«Le syndicalisme fasciste élargit en conséquence sa
sphère d'action.
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