Full text: La réforme syndicale en Italie

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« Aujourd’hui il ne groupe pas moins de deux millions 
d'individus, industriels et ruraux. C’est une force imposante. 
C’est une grande masse que le fascisme et le gouvernement 
contrôlent pleinement, une masse qui obéit. Hier, un syndicat 
fasciste qui avait proclamé une grève intempestive a été 
dissous. Pourquoi ? Parce que le syndicat fasciste est avant 
tout éducateur. Il veut une minorité ouvrière consciente, 
pénétrée des nécessités de la discipline nationale. Minorité? 
m'’objectera l’honorable M. Loria. Dans le mouvement ouvrier 
il n’a jamais été question que de minorités. 
«Moi qui ai une vaste expérience en cette matière, une 
expérience qui m’a beaucoup servi, qui m’a permis de con- 
naître la psychologie des foules et d’avoir pour ainsi dire 
la sensibilité tactile et visuelle de ce qu’elles veulent ou 
pensent dans un certain moment, je puis dire à l’honorable 
M. Loria qu'il s’est toujours agi d’une minorité; que les fameu- 
ses foules éclairées et conscientes, qui, en fait n’étaient ni 
éclairées ni conscientes, étaient guidées par des minorités 
exigues lesquelles se multipliaient par un processus d’inflation 
au moment où s’organisait une agitation, mais qui, lorsque 
l’agitation était achevée, lorsque la grève était victorieuse ou 
battue, disparaissaient. C’est ainsi que des 40,000 métal- 
lurgistes de Milan 4000 seulement étaient régulièrement 
inscrits au syndicat, dont 600 seulement étaient en règle avec 
le paiement des cotisations. Syndicalisme éducateur. La 
guerre a donné aux Italiens, à tous les Italiens la notion de 
la Nation. Il est faux que le prolétariat soit international 
comme l’a affirmé l’hon. M. Loria; il suffit d’ouvrir les journaux 
pour constater ce fait: les labouristes anglais n’ont-ils 
pas accepté le settlement réalisé par mon ami Volpi, tout 
en sachant qu’il imposera un lourd sacrifice à l’économie 
italienne et conséquemment au prolétariat italien ? Anglais 
d’abord, évidemment; internationaux après. La doctrine et 
la tactique de Gompers, en Amérique, n’étaient-elle pas l’expres- 
sion la plus égoïste d’un chauvinisme prolétarien se manifes- 
tant avec un exclusivisme intransigeant à l’égard de tous 
les peuples et de toutes les races ? Et n’assistons-nous pas 
continuellement, en France et dans d’autres pays, au phé- 
nomène de luttes ouvrières contre la main-d’œvvre ita- 
lienne, même si la main-d’œuvre italienne, aujourd’hui, ne 
se prête plus au jeu que l’on appelait naguère le « crumi- 
raggio » ? 
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