LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME 13
faut se rappeler que nous disposons de données suffisantes
pour nous faire une idée juste des conceptions philoso-
phiques de Marx et d’Engels (*).
Ces conceptions sous leur aspect définitif ont été expo-
sées d’une façon assez complète, quoique sous forme polé-
mique, dans la première partie du livre d’Engels : Herrn
Eugen Dührings Umwdälzung der Wissenschaft (dont il y a
plusieurs traductions russes). Dans la remarquable bro-
chure du même auteur : Ludwig Feuerbach und der Aus-
gang der klassischen deutschen Philosophie (brochure tra-
duite par nous en russe et munie d’une préface et de notes
explicatives), les conceptions qui constituent la base philo-
sophique du marxisme sont exposées cette fois sous une
forme positive. Une caractéristique brève, mais brillante,
de ces mêmes conceptions, dans leurs rapports avec l’agnos-
ticisme, a été fournie par Engels dans la préface à la tra-
duction anglaise de la brochure Socialisme utopique et
socialisme scientifique (3). En ce qui concerne Marx, il y
a lieu de signaler, comme ayant une très grande impor-
tance pour la compréhension du côté philosophique de sa
doctrine, d’abord la caractéristique de la dialectique maté-
rialiste faite par lui-même, en opposition avec la dialectique
idéaliste de Hegel, dans la préface de la deuxième édition du
premier tome du Capital ; ensuite, les nombreuses obser-
vations détaillées, consignées en passant dans le même
tome au fur et à mesure de l’exposé. Telles pages de la
Misère de la Philosophie sont également, à certains égards,
de la plus haute importance (4). Enfin, le processus de
l’évolution des idées philosophique de Marx et Engels se
dégage avec une netteté suffisante de leurs premiers écrits,
publiés tout récemment par F. Mehring sous le titre : Aus
dem literarischen Nachlass von Karl Marx, Friedrich Engels
und Ferdinand Lassalle, Stuttgart 1902.
Dans sa thèse de doctorat, intitulée Differenz der De-
mokritischen und Epikureischen Naturphilosophie, de
même que dans certains articles reproduits par Mehring
dans le premier tome de l’édition précitée, le jeune Marx
apparaît encore comme l’idéaliste pur sang de l’école hégé-
lienne. Mais, dans les articles publiés d’abord dans les
Deutsch-Franzôsische Jahrbücher et insérés maintenant
(*) Le livre de VI. Verigo : Maræ als Philosoph (Berne et Leip-
zig, 1904), est consacré à la philosophie de Marx et Engels. Mais
il est difficile d’imaginer œuvre aussi peu satisfaisante que celle-là.