_ LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME = 47
Bücher, Arbeit und Rythmus, 3° édition, 1902 ; Gabriel et
Adr. de Mortillet, Le Préhistorique, Paris 1900, pages
217-230 ; Hôrnes, Der diluviale Mensch in Europa, Bruns-
Wick 1903 ; Sophus Müller, l’Europe préhistorique, traduit
du danois par Em. Philippot, Paris 1907 ; Rich, Wallaschek,
Anfänge der Tonkunst, Leipzig 1903 (30).
On verra d’après les thèses qui suivent et que nous
puisons chez les auteurs cités plus haut, quelles sont les
conclusions auxquelles aboutit la science moderne dans la
question de la naissance de l’art.
Hôrnes dit (*) : « L’art ornemental ne peut se déve-
lopper qu’en partant de l’activité industrielle qui en est
la condition matérielle préalable. Des peuples sans aucune
industrie n’ont pas d’ornementation et ne peuvent point
en avoir ».
Von den Steinen estime que le dessin (Zeichnen) est
sorti des signes (Zeichen) adoptés dans des buts pratiques
pour désigner les objets.
Bücher est arrivé à la conclusion que « le travail, la
musique et la poésie avaient dû, à leur stade primitif,
former un amalgame unique, mais que l’élément fonda-
mental de cette trinité était le travail, tandis que les deux
autres n’avaient qu’une valeur accessoire ». À son avis,
« Porigine de la poésie doit être cherchée dans le travail ».
Il observe qu’aucune langue ne dispose en ordre rythmique
les mots qui forment une proposition. Il est donc impos-
sible que les hommes soient arrivés au langage poétique
cadencé par voie d’emploi de leur langage ordinaire. À cela
s’opposait la logique interne de ce dernier. Mais comment
expliquer la naissance du langage rythmé ? Bücher suppose
que les mouvements rythmiques et coordonnés du corps
ont communiqué au langage imagé les lois de leur coordi-
nation. C’est d’autant plus plausible que, aux degrés infé-
rieurs de l’évolution, ces mouvements rythmiques sont
habituellement accompagnés de chant. Mais comment s’ex-
plique la coordination des mouvements corporels ? Par le
caractère des processus de production. Ainsi donc, « le
secret de la versification réside dans l’activité produc-
tive >» (**).
() Urgeschichte, etc, p. 38.
(°*) Arbeit und Rythmus, p. 342.