Full text: Les questions fondamentales du marxisme

LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME = 63 
lisant ses considérations on ne peut plus simplistes. sur 
l’influence que la lutte des classes a exercée sur l’histoire 
de la philosophie, on se prend à regretter qu’Eleuthéro- 
poulos n’ait pas connu le livre précité d’Espinas, dont la 
manière unilatérale, ajoutée à celle dont il fait preuve lui- 
même, aurait peut-être réparé bien des lacunes dans son 
analyse. 
Quoi qu’il en soit, la tentative malheureuse d’Eleuthé- 
ropoulos n’en constitue pas moins un nouvel argument en 
faveur de cette thèse — inattendue pour beaucoup — qu’une 
connaissance plus approfondie du matérialisme historique 
de Marx serait d’une grande utilité à maints savants contem- 
porains, justement pour les préserver de tomber dans la 
manière unilatérale de traiter les questions. Eleuthéro- 
poulos connaît le matérialisme historique de Marx. Mais 
il le connaît mal. La preuve en est la prétendue rectifica- 
tion qu’il trouve nécessaire d’y apporter. 
Il remarque que les rapports économiques d’un peuple 
donné ne conditionnent que « la nécessité de son déve- 
loppement ». Le développement lui-même serait une affaire 
individuelle, de sorte que la conception du monde de ce 
peuple est déterminée d’abord par le caractère de ce dernier 
et du pays qu’il habite, ensuite par les besoins de ce 
peuple et, finalement, par les qualités personnelles des 
hommes qui font œuvre de réformateurs dans son sein, 
C’est dans ce sens seulement, ainsi qu’Eleuthéropoulos le 
fait remarquer, qu’on peut parler d’un rapport de la phi- 
losophie avec l’économie. La philosophie satisfait aux exi- 
gences de son temps, et cela conformément à la personnalité 
du philosophe. 
Eleuthéropoulos estime, évidemment, que cette concep- 
tion des rapports de la philosophie et de l’économie repré- 
sente quelque chose de tout nouveau en face de la concep- 
tion matérialiste de Marx et d’Engels. Il juge nécessaire 
de donner un nom nouveau à son interprétation de l’his- 
toire, en l’appelant la théorie grecque du devenir (*). C’est 
tout simplement amusant, et à ce propos on ne peut dire 
qu’une chose : la « théorie grecque du devenir » n’étant, 
en réalité, rien d’autre que du matérialisme historique 
assez mal digéré et exposé d’une manière assez incohérente. 
() Zbid., p. 17.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.