PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
(Aëov, plaisir, satisfaction), est la base de toute la science
économique — et de l’industrie aussi, puisque toute décou-
verte mécanique, tout perfectionnement dans l’organisa-
tion, tout progrès économique, en un mot, dérive de ce
principe.
L’économie politique serait-elle donc fondée sur la paresse ?
Non, car la loi du moindre effort n’est pas précisément la
répugnance à l’effort mais la sage économie de l'effort, c'est-
à-dire la meilleure utilisation du temps et du travail. Les
hommes les plus actifs en affaires, tout comme les sportsmen
les mieux entraînés, sont ceux qui appliquent le mieux la loi
du moindre effort.
Les besoins de l’homme ont divers caractères dont l’impor-
tance est grande, car de chacun de ces caractères dépend
quelque grande loi économique :
1° Ils sont illimilés en nombre. — C’est là ce qui distingue
l’homme de l’animal et c’est là le ressort de la civilisation
dans le sens le plus exact de ce mot, car civiliser un peuple
ce n’est rien de plus que de faire naître chez lui des besoins
nouveaux — voyez la colonisation.
IL en est des besoins de l’humanité comme de ceux de
l’enfant. À sa naissance, il n’en a point d’autres qu’un peu de
lait et une chaude enveloppe, mais peu à peu des aliments
plus variés, des vêtements plus compliqués, des jouets, lui
deviennent nécessaires ; chaque année fait surgir quelque
désir nouveau. Dans les sociétés primitives, l’homme n’a
guère que les besoins primaires, c’est-à-dire physiologiques
dont nous venons de parler. Les autres s'ignorent encore.
Mais plus nous voyons, plus nous apprenons, plus notre
curiosité s’éveille et plus aussi nos désirs grandissent et se
multiplient. De même aussi nous éprouvons aujourd’hui
mille besoins de confort, d’hygiène, de propreté, d’instruc-
tion, de voyage, de correspondance, inconnus à nos aïeux —
le goût des fleurs est de date toute récente — et il est certain
que nos petits-fils en ressentiront davantage encore. Si nous
pouvions connaître dans quelque planète un être supérieur à
l’homme, nul doute qu’il ne nous révélât une infinité de
49