CHAP, XVI. — DES IMPOTS SUR LES SALAIRES 195
prix à proportion de l’impôt, si la demande en diminue sans que
la quantité puisse en être réduite. Si la monnaie métallique était
en usage généralement, sa valeur ne monterait pas longtemps, par
1 effet de l’impôt, à proportion du montant de cet impôt ; car, dès
qu elle aurait une plus forte valeur, la demande en diminuerait
sans que sa quantité diminuât. Et la même cause inilue sans doute
souvent sur les salaires du travail; le nombre des travailleurs ne
peut être augmenté ou diminué aussi rapidement que les fonds;
•nais, dans le cas supposé, il n’y a pas de diminution nécessaire
de la demande de bras; et quand même cette diminution existerait,
elle ne serait pas en proportion de l’impôt établi *.
’ L’effet de l’impôt est nécessairement très-compliqué, parce que les diffé
rentes classes sur lesquelles il porte ou qui en font l’avance sont placées dans
une foule de situations variées, plus ou moins avantageuses ou désavantageuses
pour en rejeter le fardeau sur d’autres classes. Vouloir décider de l’effet de l’im-
P t par des principes trop absolus, et sans tenir compte de la multitude de cir-
selon moi, arriver à des résul-
tats tort différents de ceux que nous présente l’observation.
Que l’on mette un impôt sur la fabrication ou les fabricateurs de chapeaux •
que ce soit une patente ou bien une estampille, ou bien un droit sur la matièr^
premiere, ou le local, ou les ouvriers chapeliers, peu importe ; que ce droit
seieve a 2 fr., je suppose, pour chaque chapeau de 20 fr., qu’arrivera-t-il ? les
chapeaux se paieront-ils 22 fr. ? Non ; il faudrait pour cela que la demande restât
la même, ce qu, n’est pas possible. Les chapeaux se paieront-ils 20 fr. comme
moins avantageuse, diminuerait la quantité offerte des moyens de production
des chapeaux. Pour qu’elle se balance avec la nouvelle quantité qui sera deman
dée H faudra peut-être payer non pas 18 fr., mais 19 fr. la totalité des services
productifs propres à faire un chapeau; et l’impôt de2fr. payé, il se trouvera
pavait payé 21 fr. un chapeau de la qualité de ceux qu’il
et la nrnZr f consommateurs, à cause de l’augmentation du prix,
(iuelnii0u ^ article, comme sa consommation, auront diminué. Avec
l’effpt H '^^•’•atious dépendantes de circonstances diverses, c’est à peu près là
du . ^ ^aate espèce d impôt; et cet effet, résultat de la nature des choses et
l’édifi l’explique suffisamment, ébranle, je le dis avec chagrin ,
Ques ^"-ardo, non-seulement dans ce chapitre, mais dans quel-
M ir ''^***’ avec beaucoup d’habileté sur des principes trop absolus,
icardo dira peut-être à l’appui de sa doctrine qu’il faut bien que la quau-