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l’ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
d’habiter une frontière où trois ou quatre États se
touchent, consume sa vie entière au milieu des tra
casseries des douaniers, il n’a pas de patrie. C’est
là une situation désespérante pour des hommes qui
voudraient faire des affaires ; ils jettent des regards
d’envie par delà le Rhin, où un grand peuple, de la
Manche à la Méditerranée, du Rhin aux Pyrénées,
de la frontière des Pays-Bas à celle d’Italie, trafique
sur des fleuves libres et sur des routes ouvertes, sans
rencontrer un douanier.
«Les douanes comme la guerre ne se justifient que
comme moyens de défense. Plus le pays qui établit
une douane est petit, plus le mal est grand, plus le
peuple est paralysé, plus les frais de perception aug
mentent; car on rencontre partout des frontières.
C’est pourquoi ces trente-huit lignes de douanes sont
infiniment plus préjudiciables à la nation allemande
que ne le serait une seule ligne aux frontières d’Alle
magne, les droits y fussent-ils trois fois plus élevés;
et ces mêmes Allemands, qui aux temps de la Hanse,
sous la protection de leurs bâtiments de guerre, ont
fait le commerce du monde, succombent ainsi sous
leurs trente-huit systèmes douaniers.
« .... Nous nous permettrons à cette occasion de
mentionner la nouvelle loi de douane de Prusse. Au
premier abord, nous devons le déclarer franchement,
elle nous a plongés, nous et toute l’Allemagne, dans
la consternation la plus profonde, car elle paraît
être dirigée moins contre le commerce de la France