L’APPORT ARTISTIQUE DES COLONIES 297
l’influence romaine y est peu sensible, tandis que celles
de la Babylonie et de la Perse éclatent à chaque pas,
aussi bien dans la technique même que dans les thèmes
décoratifs.
A 200 kilomètres à l’est de Palmyre, à Salihyeh sur
l’Euphrate s’élevait alors une ville du nom de Doura qui
a été retrouvée sous les sables en 1920. Fondée par les
Macédoniens, elle fut restaurée par Trajan et elle était
florissante encore au troisième siècle ; mais comme sa
fortune était liée à celle de Palmyre, elle succomba du
même coup. Les fouilles de Doura ont produit notam-
ment d’étonnantes peintures murales, qui annoncent
déjà l’art byzantin et qui présentent avec les mosaïques
de Ravenne de frappantes analogies.
Dès le quatrième siècle, au temps des premiers empe-
reurs chrétiens, plusieurs églises avaient été édifiées en
Syrie, et la plus belle de toutes était cette « église dorée »
d’Antioche, qui n’avait pas sa pareille pour l’ampleur du
plan ni la magnificence du décor. Mais à partir du cin-
quième siècle un nombre prodigieux de basiliques, de
couvents et d'écoles surgirent de toute part, surtout dans
la région qui s’étend entre Hama et Alep. Toutefois
c’est au nord-ouest de cette ville que se trouve « le joyau
archéologique de la Syrie centrale », autrement dit le
Kalaat Sim’an, qui a été construit, d’après un plan aussi
original que savant, autour de la colonne sur laquelle
avait vécu saint Siméon, le fondateur des Stylites.
Les ruines de ces monuments byzantins de Syrie ont
fourni toute une collection de pièces d’orfèvrerie, dont
la plupart ont servi à des usages liturgiques et dont
plusieurs témoignent d’un réel talent. Elles sont ornées
habituellement de sujets empruntés à l’Évangile ou à
l’Ancien Testament ; mais on y rencontre aussi des scènes