D'ECONOMIE POLITIQUE
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animaux qu’ils travaillent a la sueur de leur front?
Ce n'est pas seulement au sens métaphorique que
cette phrase parait absurde : c’est au sens réel. Il
ne semble pas que leur activité ait le caractére
d’une tiche, comme pour I’homme, mais elle parait
plutot une fonction naturelle. Il semble que
'oisean fasse son nid comme il gazouille et que
’abeille fasse son miel comme elle bourdonne; on
ne se la représente pas bien chaque matin se disant :
Allons faire notre tiche quotidienne! Le travail,
pour eux, parait un exercice, un mode de vivre —
ce que devait étré, d’apres le récit de la Gengse,
le travail de I’homme avant la chute, dans le jardin
I’Eden oli il n’avait qu’a cueillir les fruits des
arbres — et comme si les animaux, n’ayant pas été
englobés dans la chute, avaient conservé le privilege
divin du travail joyeux. Mais il a été perdu pour les
fils I’Adam et ce n'est pas a tort qu'on a défini
’homme : un animal paresseux.
Pourtant ’homme ne se fait pas faute de dire
que ce sont les animaux qui sont des paresseux!
Serait-ce vrai pour les animaux domestiques que ce
serait bien excusable, puisque ceux-ci n’étant que
des esclaves n'ont a fournir qu'un travail d’esclave.