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Toutefois, on peut admettre également que le rendement net représente non
le revenu rapporté par l’agriculture à la société dans son ensemble, mais celui
qu’elle rapporte aux agriculteurs. Cette conception est plus étroite que la première,
mais peut-être plus pratique et c’est celle qui est le plus communément adoptée.
On déduit alors du rendement net les impôts et taxes et l’intérêt sur les emprunts
extérieurs, qui sont un élément du revenu rapporté par l’agriculture à la société
en général, la collectivité ou le banquier n'ayant aucune part dans le rendement
net ou revenu lorsqu’il s’entend dans ce sens plus étroit !. Dans la terminologie
anglaise, le rendement net conçu dans ce sens est parfois désigné sous le nom de
«net return ». Toutefois, les expressions « net output » et «net production » sont
employées de manière si générale pour désigner les éléments dont se compose le
«net return » qu’il a été impossible de maintenir cette distinction tout au long
de l’édition anglaise de ce mémoire.
Enfin, on peut adopter une troisième définition conformément à laquelle le
rendement net est le revenu rapporté par l’agriculture à un seul facteur de l’in-
dustrie agricole: le fermier ou exploitant. Cette notion est encore plus étroite que
la précédente. Pour obtenir ce qui constitue le rendement net du point de vue
du fermier, on est obligé de soustraire de la production brute, toutes les valeurs
absorbées, y compris la location du terrain que lui fournit son propriétaire et
celle de la main-d’œuvre que lui fournissent ses ouvriers. Ces services sont, pour
le fermier, des frais qu’il doit soustraire de la production brute pour obtenir le
rendement net. Le processus d’élimination peut être poussé à son extrême limite
et le travail personnel du fermier (travail manuel et travail de direction) considéré
également comme un élément des «frais ». La notion de production nette est
alors presque ramenée à la notion étroite des profits commerciaux.
Telles sont, en somme, les trois principales conceptions du rendement net
de l’agriculture. Ces conceptions varient évidemment selon les intérêts en cause 2.
Il existe également des conceptions intermédiaires sur lesquelles nous ne nous
attarderons pas, car elles ne sont que des formes plus subtiles des trois conceptions
exposées ci-dessus. Les deux plus intéressantes sont celle du revenu de la ferme
et celle du revenu de l’exploitation. Ces expressions ne sont pas absolument claires
et pourraient être modifiées. Elles peuvent prêter à confusion, ce qui n’est pas
sans importance, car les deux conceptions se rapprochent étroitement. Le « revenu
de la ferme » est le revenu rapporté par la ferme à tous ceux qui la possèdent et
l’exploitent; le «revenu de l’exploitation » est celui rapporté à tous ceux qui ex-
ploitent et travaillent. Le premier concerne le propriétaire parce qu’il possède
la ferme, mais ne concerne pas le travailleur, étant donné que celui-ci n’est ni
* Conformément à la définition adoptée par AsuBy, le «net return » est représenté
par le rendement net moins la dépréciation du capital, étant admis que la « net production »
ne tient pas compte de ce facteur.
? Actuellement, la plupart des auteurs préfèrent la deuxième conception conformément
à laquelle le rendement net représente le revenu touché par les agriculteurs en leur qualité
d’agriculteurs. Pour les fins que se propose notre mémoire, cette conception est certainement
la plus Pratique et nous l’avons autant que possible adoptée en parlant de la répartition