PREMIERES NOTIONS
sédant que c’est par la voie du journal que le possé-
dant regoit des nouvelles de sa propriété ».
Cest absolument exact. Voyez ceux qui ache-
tent un journal du soir : ne commencent-ils pas par
aller a la dernitre page et regarder la cote de la
Bourse, ce qu'on appelle le « cours des valeurs 5?
Ils regardent combien valent leurs actions, leurs
titres de rente, leurs obligations, et c'est le journal
qui leur apprend s’ils sont devenus dans la journée
plus riches ou plus pauvres, et de combien,
Mais sous cette forme-13, la propriété ne risque-
t-elle pas de se volatiliser? Je ne I'entends pas en
ce sens qu'elle serait plus exposée 3 plus de risques
que la propriété sous la forme matérielle. Non,
au contraire : elle risque moins d’&tre volée ou per-
due que I'argent que serre le paysan dans son
armoire, car c’est le banquier qui en a la garde et il
la garde bien. Mais elle est plus précaire en ce
sens qu'au jour d'une Révolution il suffirajt de
souffler sur tous ces chiffons de papier pour les
faire envoler.
Ce n'est pas seulement en ce qui concerne son
objet que la propriété a évolué au cours des ages,
c’est aussi en ce qui concerne ses droits, -