LA QUESTION SOCIALE 65
chure de M. Millerand sur le socialisme réformiste,
déclare nettement : « Nous sommes pleinement d’accord
avec vous pour assurer à chaque homme son développement
intégral, abolir tout ce qu’ajoutent d’amertume
et de misère aux inégalités naturelles les inégalités sociales.
Qu’il soit entendu que, comme chrétiens, nous ne
repoussons qu’une chose : le mal, et que nul système économique
ne nous trouvera disposés à refuser l’examen ni
éventuellement le concours. » Et, dans une autre déclaration
plus avancée encore, c’est-à-dire renfermant des
avances plus précises au parti socialiste, le savant
ecclésiastique s’exprime ainsi : « Le socialisme dirait
avec Mazzini en 1871 : « Il faut que, sans violer les droits
« acquis, sans fouiller dans le passé, sans détruire un
« seul des éternels éléments de la société, la propriété
« passe désormais entre les mains du travail. » Et l’Église,
sans s'inquiéter de savoir si c’est un révolutionnaire qui
parle, dirait : oui, parce que cela est juste. Elle demanderait
seulement que ce programme fût rempli avec
toutes ses clauses, et qu’on s’arrétât net là où les « droits
« acquis » et les « éternels éléments de la société »
seraient en souffrance; là où les réformes risqueraient
de se transformer en destructions (). >
Après ces citations qu’il serait facile de multiplier, il
ne peut rester aucun doute sur l’esprit de conciliation
des chrétiens, sur le zèle même qu’ils apporteront à
faire aboutir la réforme sociale, par laquelle nous estimons
qu’il faut commencer l’œuvre- de régénération, de
progrès et de grandeur que nous préconisons. Il n’a pas
dépendu d’eux dans le passé que cette réforme fût
entreprise, mais les zélateurs socialistes les plus ardents,
de propos délibéré, se sont toujours refusés à une en-‘ente
et à une collaboration. Dans toute leur politique
remet tt
(1) A.-D. Senrmranees, Socialisme et Christianisme, passim.
L'IMPÉRIALISME FRANÇAIS