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Un transitaire recevant en port dû un wagon de quincaillerie
aura ainsi à payer 3.100 francs sur lesquels lui seront
ristournés ensuite 2.250 francs.
On peut voir immédiatement les inconvénients de ce
régime : Tout d’abord circulation d'argent inutile, et nous
savons combien actuellement, pour éviter une inflation géné-
ratrice de la dépréciation de notre monnaie, l’on doit éviter
out mouvement de fonds qui ne soit indispensable ; perte
l’intérêts ensuite, car l’exportation ne peut être faite sur le
zhamp, les vapeurs ne sont point aussi réguliers ni aussi
fréquents que les trains et pour certaines destinations l’on doit
souvent attendre un mois et plus ; — enfin perte de temps et
d’argent dans l’établissement des pièces nécessaires à la
détaxe, les démarches diverses, l’examen des demandes, et
cette perte est partagée par les Compagnies qui doivent entre-
tenir pour cela un personnel nombreux groupé dans un
service dont l’entretien, à la gare de Marseille-Arene. revient
à près de 200.000 francs par an.
Ces inconvénients, sur lesquels il serait facile de s’étendre
plus longuement, ont été reconnus en quelque sorte officielle-
ment par les autorités compétentes, puisqu’il y a quelque vingt
ans, le Ministre des Travaux Publics d’alors a fait insérer dans
‘e cahier des charges des Compagnies un article 61 dans le
but d’y remédier partiellement.
Cet article 61 stipule que : « les prix des tarifs d’exportation
sont appliqués immédiatement aux marchandises exportées
directement par mer, et consignées à un port de l’étranger, de
Corse, d’Algérie, de Tunisie ou des Colonies, ou simplement
onsignées, dans l’un des ports désignés au tarif, soit à une
ntreprise de navigation desservant directement et régulière="
ment les points précités, soit aux représentants du Ministère
des Colonies ».
En vertu de cet article sur la légalité duquel il est possible
de faire des réserves, les Compagnies de Navigation se trouvent
privilégiées, et l’on peut se rendre compte du détriment causé
ainsi aux transitaires au profit des services de transit des
Compagnies.
Ce privilège est doublement précieux : d’une part, l’exporta-
teur qui au départ veut payer les frais de transport, adressera
tous ses envois aux Compagnies de Navigation, puisque, par
pe moyen, il obtient l’application immédiate du tarif d’expor-
lation ; d’autre part, les services de transit des Compagnies