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suivre les prix de gros : à ce moment-là vous aurez une crise
de salaires, une crise de vie chère qu’il faut prévoir et à la
suite de laquelle nos exportations deviendront très difficiles,
tandis que les importations seront facilitées par l’accroisse-
ment du pouvoir d’achat de notre monnaie. Et c’est à ce
moment-là précisément que vous verrez les droits de douane-or
perdre de leur efficacité.
Je considère donc que ce système d’automatisme, de paral-
lélisme mathématique entre les droits et la valeur de la
marchandise est dangereux dans sa réalisation.
Et puis, et surtout, il faut voir ce qu’il y a derrière cette
proposition de libeller en or des droits de douane ? Il ya
l'appétit, je ne dirai pas caché, mais l’appétit avéré de certaines
corporations qui espèrent retrouver toute l’incidence de
protection d’avant-guerre, qui voudraient que l’on reprenne
purement et simplement les.droits d’avant-guerre en disant :
« C’est cela que vous allez payer en francs-or ».
Prenons par exemple les vins ordinaires. Les vins importés
payent 12 fr. X< 2,05, ce qui fait 24 fr. 60 à l’hectolitre. Les
viticulteurs trouvent que ce n’est pas suffisant ; et un projet
de loi qui porterait ce droit à une quarantaine de francs a été
voté récemment à la Chambre dans une de ces séances du
matin auxquelles assistent un petit nombre de députés,
Quarante et quelques francs, ce scrait certes une protection
sérieuse pour une denrée qui vaut 70 ou 80 francs à la
propriété. Cela ferait du 60 %. Les viticulteurs s’en conten-
teraient dans l’ensemble, mais il y a chez eux quelques
extrémistes qui demandent que ces 12 francs soient exprimés
en francs-or ; alors, les vins étrangers paieraient non pas
+0 francs, mais dans les environs de 65 à 66 francs. 5
Je vous laisse à penser où cela nous mèênerait, et comment
cette mesure serait accueillie, par exemple, en Espagne ou en
[talie.
Pour conclure, j'estime que, si dans un avenir plus ou moins
éloigné, à la suite d’une mesure d’ensemble, la perception des
droits de douane en francs-or est adoptée en même temps que
l'Etat et les maisons de commerce prendront également la
base or pour leur comptabilité, nous sommes d’accord ; mais
s’il s’agit d’une mesure isolée, si l’on veut nous imposer pure-
ment et simplement la cristallisation du tarif d’avant-guerre
et l’ascension de tous les droits de douane. rien ne serait plus
dangereux.