Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

305 — 
II. — La crise en perspective: 
Messieurs, je m’exeuse de m’être étendu sur ces questions 
d’une technicité un peu aride, et d’avoir peut-être quelque 
peu perdu de vue, à vouloir entrer dans le détail, les idées 
générales qui devaient nous guider dans ce dédale. Je crois 
que d’ailleurs nous sommes d’accord sur ce point, c’est que 
dans ces matières économiques si délicates, qui touchent de 
si près aux intérêts vitaux de notre importation et aussi de 
notre exportation, il faut se garder avant tout des idées toutes 
faites, des grandes doctrines et des théories préconçues ; il 
laut voir les faits au jour le jour, avec quelque modestie, avec 
quelque minutie également, en suivant pas à pas le mouvement 
des échanges, en se tenant attentif à tous les symptômes de 
crise ou de guérison. Non pas qu’il faille avoir de trop vives 
réactions lorsqu’on voit baisser ou monter le baromètre de nos 
importations ou de nos exportations. Gardons-nous de ressem- 
bler à cette mère de famille, dont l’enfant souffre et qui va le 
réveiller à chaque instant pour lui placer le thermomètre sous 
l’aisselle, et qui s’affole si elle constate un petit peu plus de 
fièvre. 
Néanmoins, à regarder les choses avec sang-froid, on ne 
peut se dissimuler que nous allons vers une crise ; je crois 
que le jour où notre franc sera stabilisé nous aurons une 
période assez dure à passer ; eh bien ! la sagesse commande 
de se préparer à cette crise afin de la traverser de son mieux, 
et d’ici là, de ne pas prendre de mesures excessives. mais d’être 
prêt pour le bon moment. 
Les prohibitions de sortie. —- Parmi ces mesures excessives, 
il y en a une sur laquelle je me permets d’insister, car la ques- 
tion tient à cœur au Comité d’Aclion Economique, c’est la 
mesure qui consiste à freiner nos exportations par des taxes 
et par des prohibitions de sortie. Je crois que nous nous 
mettrons d’accord sur ce point, qu’il faudrait qu’on en finisse 
une bonne foïs avec cette conception d’une France devant 
garder jalousement, pour les transformer elle-même, toutes les 
matières premières qui sont nécessaires à ses industries. C’est 
avec ces mesures égoïstes que l’on arrive à tarir les courants 
commerciaux, sans profit pour personne : car toutes ces 
entraves à la sortie jouent finalement à l’encontre du but 
proposé. En brimant de toutes manières les exportateurs de 
11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
	        
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