— 56 —
décharger de l’incidence accumulée des taxes subies à chaque
ransformation par la matière première ou le produit demi-
iabriqué. L’exemption de la dernière taxe n’est qu’un très
insuffisant palliatif. De même, l’importation des produits
fabriqués étrangers se trouve incontestablement facilitée par
l’absence des surcharges successives auxquelles sont soumises
en France les produits identiques. Et là encore, la taxe à
l'importation et les modalités diverses qui ont essayé de
remédier à cet état de choses ne compensent que très insuffi-
samment la gêne qui en résulte pour notre pays dans la
concurrence internationale.
Au contraire, l’adoption d’une taxe unique à la production
ou à l’importation, par le taux obligatoirement élevé qui serait
adopté, rendrait faciles et efficaces l’exemption à l’exportation
et la protection à l’importation ;
3° L'établissement d’une taxe à la production replacerait
les diverses industries successives dans l’état de libre concur-
rence qui est certainement à la fois à l’avantage du consomma-
teur et à celui de l’état social du pays. Le désir légitime d’éviter
légalement les taxes successives sur le chiffre d’affaires conduit
artificiellement à des groupements ou concentrations de l’ordre
dit vertical, alors que la taxe unique à la production ou à
l’importation laisse s’ajuster librement les divers rouages de
l’industrie et du commerce.
En résumé, Monsieur le Ministre, et bien que les détails
d'application d’un aussi vaste projet demandent un temps et
un soin qui semblent pouvoir leur être accordés, nous avons
cru de notre devoir d’attirer votre attention sur les avantages
économiques que possède en propre le principe de la taxe à la
production et qui semblent s’unir dans les circonstances
actuelles, à des qualités spéciales d’opportunité. Ce n’est pas
d'aujourd'hui que notre Société a émis cette opinion.
Elle a adopté à cet égard, au cours de ces dernières années
divers rapports dont nous avons remis le texte à M. le Président
de votre Commission.
Dans la pensée que notre manière de voir à cet égard aura
votre haute approbation, nous vous prions d’agréer, Monsieur
le Ministre, l'hommage de notre très respectueuse considé-
ation.
Le Président,
Maurice TOY-RIONT,