PRINCIPES DE L’Economie politique.’
à l’autre, ou au moins que les variations qu’ils éprouvent d’une
année à l’autre sont peu sensibles, quelque inégalité qui ait pu s’y
trouver dans l’origine, et quels que soient la capacité, l’adresse ou le
temps nécessaires pour acquérir la dextérité manuelle dans les diffé
rentes branches de l’industrie. Ces légères variations ne sauraient
donc avoir, à des époques rapprochées, aucun effet notable sur la
valeur relative des choses.
« Le rapport entre les taux différents des salaires et des profits dans
.. les différents emplois du travail et des capitaux, ne paraît pas être
» modifié d’une manière sensible, ainsi que nous l’avons déjà remar-
» qué, par la richesse ou la misère, ni par les progrès ou la décadence
» des sociétés. De telles révolutions dans l’Ltat doivent, en effet, in-
» Huer sur le taux général des salaires et des profits, mais elles fiiiis-
» sent par modifier également les uns et les autres dans tous leurs
» différents emplois. Leurs rapports mutuels doivent donc rester les
» mêmes, et peuvent à peine subir une grande variation tant soit peu
» durable *, par la suite de semblables révolutions. »
SECTION ni.
La valeur des marchandises se trouve modifiée, non-seulement par le travail immédiate
ment appliqué à leur production , mais encore par le travail consacré aux outils, aux
machines, aux bAtiments qui servent à les créer.
Même dans cet état primitif des sociétés dont il est question dans
Adam Smith, le chasseur sauvage a besoin d’un capital quelconque,
créé peut-être par lui-même cl qui lui permette de tuer le gibier.
S’il n’avait aucune espèce d’arme ollensive, comment lucrait-il un
castor ou un daim? La valeur de ces animaux se conqioserait donc
d’abord du Icnqis et du travail employés à leur destruction, et ensuite
du temps et du travail nécessaires au chasseur pour acquérir son ca
pital, c’est-à-dire l’arme dont il s’est servi.
Sujvposons que l’arme propre à tuer le (castor exige, pour sa fa
brication, beaucoup plus de travail que celle qui suffit pour tuer le
daim, en raison de la difliculté jilus grande d’approcher du premier
de ces animaux, et de la nécessité d’être par conséquent muni d’une
arme propre à porter un coup assuré. Dans ce cas, il est probable
qu’un castor vaudra plus que deux daims, précisément parce que, tout
considéré, il faudra plus de travail pour tuer le premier.
• JUichesse des Nations, V\\. I, chap. 10.