LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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clochers de Lima, et, un peu plus loin, la ligne fortement
accentuée des contreforts des Andes.
Il existe au Gallao plusieurs hôtels, relativement con
fortables, quoique laissant à désirer. Parmi les moins
mauvais, nous signalerons l’hôtel de Genova, de Ita.Ua,
dans la calle Gonstitucion. La vie matérielle n’est pas très
chère, le prix de la table et du logement dans ces hôtels
est de 2 soles (1), 50 centavos par jour, et la pension de
50 à 60 soles, soit de 125 à 150 francs par mois.
IX. — Une particularité curieuse distingue le port du
Callao, particularité qui le place pendant quelques mois de
l’année dans des conditions sanitaires défavorables,
encore augmentées par le manque d’égouts; ce phéno
mène singulier qui se manifeste chaque année, du mois
de décembre à avril, consiste en émanations fétides de gaz
sulfhydriques accompagnées de changement plus ou
moins notable dans la couleur des eaux. Ce phénomène
est connu sous le nom de aguaje, ou de Callao painter,
ou encore Callao barber, pour la propriété qu’il a de
colorer d’une teinte noirâtre argentée les parties des
navires peintes en blanc de céruse, coloration qui, sui
vant le savant Raimondi, serait due sans doute à la
formation de sulfure de plomb par la combinaison du
soufre contenu dans le gaz sulfhydrique avec le plomb de
la céruse.
Ce phénomène se produit surtout près du rivage et pas
du tout du côté où la baie se trouve la moins abritée.
Raimondi et Huchinson donnent encore de ce phéno
mène l’explication suivante : il existerait dans la baie des
courants circulaires, ceux-ci se rencontreraient avec les
gaz sulfureux qui s’échappent du fond. La mer charrierait