136 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
plaines alluvionnaires. Partout ailleurs, ce sont des fonds
de mer sur lesquels la végétation tropicale revêt une
magnificence, à plus’ d’un égard comparable aux meil-
leures régions de Java et de Bornéo.
Port-Vila, dans la vaste baie de Mélé, au sud de l’île
Vaié, est le plus fréquenté de l’archipel. Franceville est
au fond pour attester l’effort persévérant et patriotique
de notre colonisation calédonienne. D’autres excellents
ports existent, à Mallicelo, Port-Sandwich, véritable bas-
sin circulaire, ancien cratère offrant partout des fonds
de vingt à trente mètres, le meilleur certainement de
l’archipel, et Port-Stanley qui ne lui est que de très peu
inférieur.
Les populations, encore qu'assez mélangées par des
migrations dont il serait bien difficile de débrouiller les
origines, sont, comme celles de la Nouvelle-Calédonie,
nettement mélanésiennes : cheveux crépus, parfois lai-
neux, front bas, nez aplati aux ailes très développées,
prognathisme assez accusé quoique moins toutefois que
chez les Australiens, yeux parfois bridés, pommettes sail-
lantes et lèvres très accusées, peau brun noir à reflets par-
fois rougeâtres. La race est plus grande dans les îles du
nord. Les populations des plages, depuis longtemps en
contact avec les Européens, font assez volontiers avec eux
du négoce, travaillent à leurs cultures et plantations.
Dans l’intérieur vivent à l’état absolument sauvage de
nombreux groupes d’hommes souvent en hostilité déclarée
entre eux, obéissant chacun à un chef d’une autorité
indiscutée. Il y aurait beaucoup à dire sur les mœurs, les
coutumes, la vie sociale des Néo-Hébridais, sur leur art,
leurs industries, leurs idiomes ; bornons-nous à constater
qu’ils resteront longtemps encore pour les ethnologues et
les philologues un champ admirable d’investigations.
Avec de bons procédés, mais en excluant toute fami-
liarité trop grande dans leurs rapports avec eux, les Euro-
péens peuvent obtenir de certains Néo-Hébridais des