fullscreen: Les questions fondamentales du marxisme

14 G. V. PLÉKHANOV 
dans le même tome premier, Marx, et avec lui Engels, qui 
collabora égafement aux Jahrbücher, se place déjà ferme- 
ment au point de vue de l’humanisme de Feuerbaeh (5). 
Dans l’ouvrage intitulé Die Heilige Familie, oder Kritik der 
kritischen Kritik, publié en 1845 et reproduit dans le deu- 
xième tome de l’édition de Mehring, les deux auteurs, 
c’est-à-dire Marx et Engels, réalisent quelques progrès 
importants en ce qui concerne le développement de la phi- 
losophie de Feuerbach. Dans quelle direction ils avaient 
entrepris ce travail, on le voit par ces onze Thèses sur Feuer- 
bach que Marx avait rédigées au printemps de 1845 et 
qu’Engels avait publiées dans l’annexe à la brochure 
Ludwig Feuwerbach que nous avons mentionnée plus haut 
(6). En un mot, ce ne sont pas les matériaux qui manquent 
en l’occurrence ; seulement il faut savoir s’en servir, c’est- 
à-dire être préparé à les comprendre. Mais précisément les: 
lecteurs actuels n’y sont pas préparés et, par suite, ne savent 
pas s’en servir. 
Et pourquoi ? Pour des raisons multiples. L’une des 
plus importantes c’est qu’actuellement on connaît très 
mal, premièrement, la philosophie Khégélienne, sans 
laquelle il est difficile de s’assimiler la méthode de Marx, 
et, deuxièmement, Phisftoire du matérialisme, sans laquelle 
on ne peut se faire une idée nette de la doctrine de Feuer- 
bach, qui fut, en philosophie, le prédécesseur immédiat 
de Marx, et qui a fourni, dans une mesure considérable, la 
base philosophique de la conception du monde de Marx et 
Engels. 
On présente ordinairement l’ « humanisme » de Feuer- 
bach comme une chose très confuse et indéterminée. F. A. 
Lange, qui a beaucoup contribué à répandre, dans le 
« grand public » et le monde savant, une idée complètement 
fausse de l’essence du matérialisme et de son histoire, se 
refuse complètement à reconnaître l’ « humanisme » de 
Feuerbach comme une doctrine matérialiste. L’exemple de 
F. A. Lange a été suivi par la presque totalité de ceux qui 
ont écrit sur Feuerbach, tant en Russie qu’à l’étranger. 
P. A. Berline, qui dépeint l’humanisme de Feuerbach 
comme une sorte de matérialisme non « pur > (*), n’a pu, 
visiblement, non plus, se soustraire à l’influence de Lange. 
(7) Voir son livre intéressant : l’Allemagne à la veille de la 
Révolution de 1848, Saint-Pétersbourg, 1906, pages 228-22%.
	        
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