Full text: Documenti ispano-genovesi dell'Archivio di Simancas

L’ISLAM EN AFRIQUE. 
333 
parèrent leur vengeance. L’empire arabe se démembra avec 
une extrême rapidité. Il est probable notamment que les 
Espagnols, dont les défections furent si nombreuses, malgré 
le libre exercice du christianisme, seraient devenus musul 
mans s’ils avaient été traités avec la même rigueur que les 
Saxons et les Wendes par leurs conquérants chrétiens L On 
en pourrait dire autant des peuples des Balkans. Les Capi 
tulations du XVI® siècle, inspirées aussi par l’esprit de tolé 
rance religieuse des Ottomans, n’ont-elles pas été le pre 
mier instrument de la pénétration chrétienne et, par suite, 
de la dissolution de leur empire ? 
Quelles qu’en soient les raisons, la décadence de la domi 
nation des Arabes suivit de près l’expansion de leur conquête. 
Les chrétiens d’Espagne sortirent de leur refuge des Astu 
ries, continuèrent leur croisade pendant des siècles, reje 
tèrent l’Islam en Afrique. Et si, dans le temps même où ils 
achevaient la libération de leur territoire, les Turcs, par une 
sorte d’équilibre, prenaient pied ailleurs sur le sol européen, 
eux aussi y furent bientôt atteints des signes de la déca 
dence et reculèrent devant les chrétiens. Par l’Inde, par le 
Turkestan, par les Balkans, ils furent de siècle en siècle ser 
rés de près, menacés d’expulsion : les voilà enfermés dans 
Constantinople, comme les Maures jadis dans Grenade. 
En Afrique, l’Islam ne se trouve pas davantage en sûreté. 
Les Français, le peuple des croisades, plantèrent les pre 
miers la croix sur le sol de l’Afrique musulmane. Ils prirent 
Alger aux Turcs, et de là étendirent peu à peu leur puissance 
jusqu’aux montagnes, jusqu’au-delà des montagnes, aux 
confins du Sahara. Ailleurs ils prirent pied à l’embouchure 
du Sénégal, à l’embouchure du Congo, prêts à s’enfoncer 
plus loin vers le Niger, vers le lac Tchad, enserrant par le 
nord et par le sud l’Islam africain entre les deux mâchoires 
d’un redoutable étau. 
Du moins il formait encore une masse compacte et en 
apparence impénétrable du lac Tchad au plateau de l’Iran, 
de part et d’autre de la mer Rouge, sur toute l’étendue des 
déserts qui s’allongent par l’Arabie de l’Océan Atlantique au 
Pamir et à la mer d’Oman. Les Européens manifestaient 
bien d’inquiétantes ambitions vers le Nil, depuis Bonaparte ; 
mais l’Egypte paraissait forte et régénérée dans l’Islam par 
la maison de Méhemet-Ali, et elle semblait capable d’écbap- 
1. Il, de Castries, L’Islam, p. 104.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.