Full text: Oeuvres complètes

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RÉPONSE AUX OBSERVATIONS DE M. BOSANQÜET. 
système, escompter toutes ces diverses signatures. De sorte qu’on 
aura versé dans la circulation 20,000 1. st. pour effectuer des paie 
ments auxquels 1000 1. st. équivalent. Je sais que l’opinion du doc 
teur Smith, telle que l’interprète M. Bosaiiquet, paraît justifier ses 
doctrines; mais cet habile écrivain a déclaré dans divers passages 
de son traité, et quelques pages après celle que M. Bosanquet cite, 
que « la somme du papier-monnaie de tout genre, qui peut réguliè 
rement avoir cours dans un pays, n excédera jamais la valeur de l’or 
de l’argent auxquels il s’est substitué, ou qui desserviraient la 
eirculation s’il n’y avait point de monnaie de papier ; le commerce 
étant d’ailleurs supposé le même. » 
^’ous ne devons pas soumettre notre circulation à cette épreuve. Si, 
avec le montant actuel de ses unités monétaires, elle consistait en or 
et en argent, il n’est pas de lois, quelque sévères qu’on les suppose, 
capables de les retenir dans la circulation. On en fondrait et exporte 
rait une partie jusqu’à ce qu’un juste équilibre se fût rétabli. Ce ni 
veau atteint, il serait tout aussi impossible d’en déterminer l’exporta 
tion. INous n’entendrions plus alors ¡larler d’une balance de paiements 
défavorable, ni de la nécessité d’exporter de l’or en échange de blé. 
Les penseurs familiarisés avec les écrits du docteur Smith, ne doute 
ront pas de la vérité de ces conséquences. Mais s’il en pouvait être 
autrement; si le continent aveuglé, adoptait cette politique — presque 
impossible tant elle est absurde — d’attirer sur ses marchés une mar 
chandise qui l’inonde déjà, où seraient donc les conséquences dé 
sastreuses que nous aurions à redouter dans le cas même où la cir 
culation descendrait au niveau qu’elle occupait avant la découverte 
de l’Amérique? N’y aurait-il pas là bénéfice national, en ce sens, 
que la circulation du même commerce s’accomplissant avec moins 
d’or, l’excédant pourrait en être avantageusement appliqué à l’achat 
de marchandises plus utiles et plus productives? Si même la circula 
tion du ])apier diminuait dans la même proportion, les profits dont 
jouit actuellement la Banque, ne seraient-ils pas répartis à ceux qui 
peuvent invoijuer de meilleurs titres a ces a\ antages ? 
11 est heureux pour le public que la Banque ait réellement, pour les 
escomptes, cette répugnance que cite M. Bosanquet. Car, sans ce frein, 
il est impossible de calculer à quel point on aurait de nos jours mul 
tiplié les billets de banque. Et pour tous ceux qui ont approfondi 
cette matière, ce sera un grand sujet de surprise que de voir en quelles 
bornes sages et modérées notre circulation a été maintenue, en face 
des principes que les directeurs de la Banque proclament comme les 
guides régulateurs de leurs émissions.
	        
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