Full text : Oeuvres complètes

S07

KÉPONSE  AUX  OBSERVATIONS  DE  M  BOSANQÜET.
tion.  Les  émissions  d'un  papier  non  conversible  en  (*spèces  sont  régies
par  les  mêmes  principes  et  déterminent  les  mêmes  conséquences  que
si  la  Banque,  propriétaire  de  la  mine,  ne  livrait  que  de  l’or  à  la  circulation. ­
  Quel  que  soit  le  rapport  des  accroissements  de  l’or,  sa  dépréciation ­
  multipliera  les  emprunteurs  au  même  degré.  Et  le  principe ­
  s’applique  aussi  justement  au  papier.  Si  la  dépréciation  de  la
monnaie  est  assez  considérable,  le  papier,  quelqu'abondant  qu’on  le
suppose,  pourra  toujours  être  absorbé,  et  les  résultats  seront  les  mêmes, ­
  que  la  Banque  achète  les  marchandises  avec  scs  propres  billets,
ou  qu’elle  escompte  les  signatures  de  ceux  qui  les  appliqueront  au
même  but.
Les  conséquences  que  M.  Bosaiiquet  a  énumérées  se  présenteraient
cliectivement,  si  l’on  admettait  qu’une  somme  déterminée  pût  être,
seule  et  sans  adÆtiou,  employée  dans  la  circulation.  Mais  je  nie  qu’il
puisse  exister  un  excédant  ainsi  condamné  à  la  stérilité  par  1  absence
de  placements  avantageux  ;  excédant  qui  se  dirigerait  alors  nécessairement ­
  vers  la  Banque,  en  paiement  d  effets  déjà  escomptés,  ou  qui
paralyserait,  jusqu’à  concurrence  de  cette  somme,  les  demandes  en
avances  de  fonds.
Si  la  monnaie  pouvait  conserver  la  même  valeur,  indépendamment
de  l’abondance  des  émissions,  ces  conséquences  seraient  réelles;  mais
comme  son  entrée  dans  la  circulation  détermine  aussitôt  une  dépréciation, ­
  la  somme  supplémentaire  conservera  son  murs  par  le  fait
des  débouchés  qui  lui  sont  ouverts.
Reportons  nous  à  l’eflcl  que  produirait  l’établissement  d’une  banque ­
  appuyée  sur  un  crédit  universel,  dans  un  pays  où  la  eirculation
serait  complètement  métallique.
Cette  banque  escompterait  des  cITcts  ou  ferait  des  avances  au  gouvernement, ­
  comme  le  fait  la  nôtre.  Si  le  principe  que  défend  M.  Bo
sanquet  est  exact,  ses  billets  devraient  lui  revenir  aussitôt  après  leur
émission;  car  la  masse  des  agents  métalliques  étant  auparavant  suffisante ­
  pour  les  mouvements  commerciaux  du  pays,  cette  quantité  additionnelle ­
  de  monnaie  se  trouverait  sans  emploi  possible.  Mais  ceci
est  contraire,  à  la  fois,  à  la  théorie  et  à  l’expérience.  l,es  émissions  de
la  Banque  comme  aujourd’hui,  ne  déprécieraient  pas  seulement  la
monnaie,  mais  encore  la  valeur  des  lingots,  ainsi  que  j’ai  essayéde
l’exposer,  l  a  tentation  de  les  exporter  s’éveillerait  aussitôt,  et  I  affaiblissement ­
  de  la  circulation  lui  restituerait  sa  valeur  première.
I.a  Banque  multiplierait  ses  émissions  et  les  mêmes  effets  sereprodiiiraient
  ;  mais  dans  aucun  cas  on  n’aurait  à  constater  un  excès  sullisan
pour  entraîner  les  porteurs  de  billets  à  les  renvoyer  a  la  Banque  en  11-
            
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