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compte des multiples taxes sur le chiffre d’affaires qui touchent
les mêmes produits quand ils sont fabriqués en France.
Le remplacement de ces taxes multiples, dont le nombre est
variable, par une taxe unique de 4 ou 5 % par exemple sur le
produit fabriqué permettrait d’atteindre du même pourcentage
le même produit fabriqué quand il serait importé de l’étranger.
4° Quand un produit est fabriqué en France, il est —
jusqu’à présent — exonéré de la taxe sur le chiffre d’affaires
de 1,30 % à l’occasion de sa vente à l’exportation ; mais ce
produit a déjà acquitté plusieurs taxes depuis l’importation
des matières premières ayant servi à le produire jusqu’au
moment où il devient exportable.
Si une taxe unique de 4 % par exemple est appliquée, c’est
de l’intégralité de ce pourcentage que doit être dégrevée la
marchandise exportable.
5° Certains commerçants ne se rendant pas suffisamment
compte de la répercussion de l’impôt sur le chiffre d’affaires,
car leur prix de vente ne leur permet pas toujours de le
récupérer, ont tendance à majorer leur prix d’un pourcentage
supérieur à la taxe ; et ceci arrive à l’occasion des quatre ou
cinq transactions que supportent en moyenne les produits de
sonsommation,
Au contraire, une taxe unique, qui serait facturée, — nous
insistons sur ce point — ne serait incluse dans le prix de vente
des produits que pour son montant exact.
6° La taxe unique permettra d’en accommoder plus aisé-
ment le taux aux besoins du Trésor ; et si un meilleur
équilibre des charges fiscales permettait un jour de décharger
le commerce, un changement de taux portant sur une taxe
1nique serait toujours plus facilement assimilable.
7° Enfin, il faut considérer que le commerce tend à se
soustraire à la taxe actuelle en groupant les industries de
transformation, en augmentant le rôle des commissionnaires,
et par diverses autres méthodes encore, qui sont de nature à
diminuer le rendement de la taxe.
Les effets de cette tendance ne se sont pas encore fait sentir
très apparemment, parce qu’il est normal qu’un impôt de
consommation relativement nouveau ait une tendance à la
progression, et aussi parce que la dévalorisation du franc fait
apparaître d’illusoires excédents de rendement. Mais il arrivera
certainement un jour prochain où la diminution réelle de
recette sera nettement accusée.