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A. RÆDER
D’après le traité, des exemplaires de celui-ci devaient être ex
posés à Olympic, à Delphes, dans l’Isthme, à l’Acropole, et au
sanctuaire d’Apollon à Amyclée près de Sparte.
Ici nous nous trouvons, comme on peut le voir, en présence d’une
véritable clause d’arbitrage obligatoire: les parties contractantes s’en
gagent pendant 50 ans à ne pas porter les armes l’une contre l’autre,
mais à laisser trancher les difficultés qui pourraient surgir par la
voie judiciaire, c’est-à-dire par des pourparlers directs, et si ceux-
ci ne donnent aucun résultat, par l’arbitrage ; qui devrait fonc
tionner comme juge, c’est-à-dire quelle tierce puissance impartiale les
nommerait, cela devait être décidé dans chaque cas.
Il en fut cette fois là comme la fois précédente. Quand un cas se
présente, la clause d’arbitrage ne peut empêcher que la guerre
jaillisse quelques années après. Athènes s’étant affaiblie par son expé
dition en Sicile, Sparte voulut voir des infractions au traité dans
plusieurs des actes d’Athènes et exigea d’elle de faire trancher par
l’arbitrage les points en discussion. Les Athéniens ne voulurent pas
l’admettre; 1 le résultat fut le commencement de la dernière phase de
la guerre du Péloponèse, la guerre décélienne.
XIII.
ARGOS Propose a SPARTE un Arbitrage au sujet de
CYNURIE. l’an 420.
Au printemps de 420, Argos commença des pourparlers avec Sparte
pour conclure un nouveau traité de paix à la place de celui qui
avait été conclu en 450, valable pour trente ans. 2
Au sujet de ces pourparlers, Thucydide 3 rapporte les choses sui
vantes : « Les envoyés d’Argos exigèrent d’abord qu’on s’en remît
à un Tribunal d’arbitrage, soit un Etat choisi pour cela, soit un
particulier, pour faire trancher la question de la région de Cynurie,
1 Thucydide, VII, 18. — 2 Thucydide V, 14, 3. Au sujet de l’époque voyez
Busolt Gr. Gesch. II 2 , 339 2 . - 3 V, 41.