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LA HONGRIE
Gorvin appela aussi des peintres et des orfèvres, qui ornèrent son château
de leurs chefs-d’œuvre. Les appartements ruisselaient d’or; les galeries,
soutenues par des colonnes sculptées, étaient pavées de mosaïques; les
salons tendus de tapisseries précieuses, décorés de lustres et de trophées,
de panneaux peints et de glaces de Venise ; la vaisselle était ornée de pier
reries. «Cinquante voitures, dit le légat pontifical, évêque de Castilla,
n’auraient pu suffire pour la transporter. »
L’t’glise de Foth.
Corvin parlait latin, français, allemand, italien; il était en correspon
dance avec toutes les célébrités savantes de l’Italie.
Sous son règne, la cathédrale de Ilude s’acheva. A cette époque, la capi
tale magyare était comptée parmi les plus belles de l’Europe. Mais après la
malheureuse journée de Mohacs, on sait que Bude tomba au pouvoir des
Turcs ; et toute cette magnificence, toute cette richesse s’évanouit comme
un mirage de la puszta.
Aujourd’hui, le gouvernement a installé ses bureaux dans le château
reconstruit et restauré, et ou chaque année le roi vient ouvrir par un dis
cours la session des Chambres hongroises.
Dans l’une des chapelles de l’église du château, on conserve la main
droite de saint Étienne ; et la garde de la Couronne veille jour et nuit