Object: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

260 EN EUROPE: - ARMÉNIE. - CRÈTE. - MACÉDOINE. 
pacte du 12 octobre 1878. Le vali ou gouverneur-général^ 
nommé pour cinq ans, fut assisté d’un mouchavir ou adjoint 
chrétien. L’Assemblée générale fut composée de 49 chré 
tiens et de 31 musulmans, dut être réunie tous les ans pen 
dant quarante Jours au moins, 60 au plus ; la Sublime 
Porte s’engagea à sanctionner ses lois, « si elles ne por 
taient pas atteinte aux droits du gouvernement impérial et 
aux principes de la législation de l'Empire ». Une part des 
revenus fut réservée aux travaux d’utilité publique, cons 
tructions d’écoles, d’hôpitaux, de routes et de portsL 
Mais les gouverneurs généraux continuèrent à violer, du 
consentement du sultan, les engagements pris par celui-ci; 
les Crétois continuèrent à se soulever périodiquenient, 
surtout en 1888. Sous le prétexte de cette insurrection et 
par application de sa politique personnelle, Abd-ul-Hamid 
promulgua un nouveau firman, celui du 26 octobre 1889*. 
Il augmenta les attributions du vali, dont les pouvoirs 
n’eurent plus de durée déterminée, institua à côté de lui un 
commandant militaire. Le gouverneur-général eut le droit 
de présider l’Assemblée, de diriger ses débats, d’écarter 
toute proposition « sur les questions échappant à sa com 
pétence ». L’Assemblée fut invitée à voter de nouvelles 
ressources pour « les travaux si nécessaires d’utilité publi 
que ». Le vali reçut l’ordre de donner la plus grande publi 
cité à ce firman, « afin de faire connaître à tous les sujets 
du sultan habitant dans l’île les grâces et les bienfaits qui 
leur étaient ainsi prodigués. » En fait, le nouveau firman 
compromettait les avantages précédemment accordés aux 
Crétois, déchirait le pacte de Halepa, mentait aux promesses 
antérieurement faites. D’ailleurs le gouverneur général 
Mahmoud-Djelaleddin-pacha se chargea de faire compren 
dre à ses administrés que le temps des concessions était 
passé et que le gouvernement ottoman avait changé de 
maximes. 
Le mécontentement en fut plus vif, les tentatives insur 
rectionnelles plus fréquentes. L’île fut rejetée dans l’anar 
chie, dans la misère; une telle situation ne pouvait aboutir 
qu’à quelque formidable révolte, qui donnerait au sultan 
l’occasion de régler la question crétoise par quelque san 
glante exécution. Mais il lui fut impossible de cacher assez 
1. Livre Jaune, T, p. 5, 
2, Livre Jaune, I, p. 9.
	        
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