Contents: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

-76 LE GRAND DESSEIN DE NAPOLÉON. 
l'élude de ses anciens monuments. Un officier français dé 
couvrit l’inscription trilingue de Rosette, où Champollion 
retrouva en 1822 le secret des hiéroglyphes. Conté en par 
ticulier ouvrit des manufactures, entreprit d'enseigner aux 
habitants de la vallée du Mil de meilleures méthodes de 
culture, se multiplia pour rendre à ce pays la prospérité 
qu’il avait perdue depuis l’occupation turque. Ce fut une 
admirable Renaissance, qui ne tarda pas à porter ses fruits. 
Grâce à l’Institut du Caire, l’Égypte ancienne et moderne 
resta le domaine des savants français. Des études furent 
faites sur le canal de Néchao, sur le percement de l’isthme 
de Suez. 
Bonaparte pourtant ne consentait pas à n’être que pacha 
d’Égypte. Ibrahim-bey s’était réfugié en Syrie. Le sultan, 
ayant déclaré officiellement la guerre à la République fran 
çaise, avait chargé le pacha de Damas d’attaquer les Fran 
çais en Égypte, pendant qu’une flotte anglo-turque, sous 
Mustapha-Pacha, tenterait un débarquement vers Alexan 
drie. Bonaparte, qui préférait l’offensive à la défensive, 
quitta l’Égypte au printemps de 1799, franchit l’isthme de 
Suez, prit El-Arisch, Gaza, Jaffa, assiégea Saint-Jean 
d’Acre. Y laissant quelques troupes, il battit le pacha de 
Damas à Tibériade, au mont Thabor, revint devant Saint- 
Jean d’Acre. Les canons qui lui arrivaient d’Alexandrie par 
mer pour la continuation du siège furent pris par les An 
glais, servirent à la défense de la place. Djezzar-pacha, 
assisté de Sydney Smith, résista d’ailleurs très vigoureu 
sement. Dépourvu de moyens suffisants, Bonaparte se 
résigna à lever le siège. Cet échec lui fermait la route 
d’Asie Mineure et de Constantinople, par où il avait peut- 
être rêvé de rentrer en Europe et de prendre à revers la 
seconde coalition qui venait de se former contre la 
France. 
Il retourna en Égypte pour s’opposer au débarquement 
des troupes turques qu’amenait la flotte anglaise. Le 
25 juillet, presque un an après la bataille du Nil, il rem 
porta à Aboukir sur Mustapha-Pacha une grande victoire et 
rejeta les ennemis à la mer. Vainqueur, mais toujours en 
fermé dans une conquête où il s’impatientait de ne pouvoir 
plus agir, il résolut de quitter l’Égypte et d'aller reprendre 
sa place en Occident; il avait désormais plus de profit à 
espérer de la guerre européenne et du discrédit où était 
tombé le Directoire. Il partit secrètement d’Alexandrie le
	        
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