LA DÉCADENCE DU MÉTIER
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et aujourd’hui, elle se charge même de la réparation.
Il existe, en effet, une machine mécanique pour che
viller les bottines envoyées en réparation, trouvaille
qui plonge dans la consternation les vieux artisans.
On peut la voir fonctionner rue de l'Empereur et
chaussée de Wavre, à Bruxelles (1).
Passons à la boulangerie. Nous y constatons un ac
croissement du nombre des patrons de 80.8 °/ 0 . Encore
un métier s’écrient quelques économistes, qui ne périra
pas. « S’agit-il de l’alimentation, boucherie, charcuterie,
pâtisserie, confiserie, boulangerie?, dit Bourguin, l’ac
croissement est considérable ; il est vrai (pie ces mé
tiers ont un caractère commercial très prononcé, qui
explique eu grande partie leur prospérité ; mais, en
tant que métiers ils gardent toute leur raison d’étre
parce que leur fonction est de préparer les produits
suivant les goûts particuliers de la clientèle sur un
marché restreint » (2).
Ces généralisations de Bourguin sont loin de répon
dre à la réalité ; elles sont basées sur une conception
fausse du goût moderne. L’évolution capitaliste le nivelle
et le rend uniforme. Nous renvoyons à ce sujet le
lecteur au « Moderne Kapitalismus » de Sombart (v.
Il, p. 319 ss.) signalant en passant, combien l’étude
du goût à d’importance en économie politique. C’est
précisément dans les grands centres, oû les goûts sont
les plus raffinés, que la débâcle du petit métier a été
la plus terrible A Bruxelles, il y avait en 1846, 247
(1) Ib. Enquête écrite, v I. p. 2i.
(2) M. Bourguin : Les systèmes socialistes, etc. 1. c. p. 190.