fullscreen: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES AFFAIRES DE CRÊTE. 
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Cependant, à la frontière de Thessalie, les troupes turques 
et grecques sont en présence. Les hostilités sont imminentes. 
Les puissances essayent deles arrêter: elles retiennent les 
États slaves qui mobilisent leurs armées ; elles déclarent 
que, si la guerre éclate, l’agresseur en aucun cas n’en 
pourra tirer aucun profit ; elles essaient d’établir une zone 
neutre entre les armées grecque et turque pour éviter toute 
surprise; elles s’entendent pour organiser le blocus du 
Pirée et de Volo. M. Gambon s’efforce de faire comprendre 
au ministre de Grèce à Constantinople que la Grèce sera 
vaincue et que le coup ainsi porté à l’hellénisme sera peut- 
être irréparable. 
Mais il n’est plus possible au roi Georges de céder; les 
Grecs ne le lui pardonneraient pas ; il lui faut faire la guerre 
aux Turcs au risque d’un désastre, pour sauver son trône. 
Il s’abandonna aux événements. 
Le 10 avril, des bandes grecques franchissent la frontière, 
occupent les villages de Val tinos et de Krania dont elles 
chassent les garnisons ; d’autres débarquent sur les côtes 
de la Thrace, et tentent de faire sauter la voie ferrée de 
Dédé-Agatch à Salonique pour couper les communications 
de l’armée turque avec Constantinople. Le gouvernement 
ottoman, après avoir dûment constaté que ces bandes sont 
commandées par des officiers grecs et presque entièrement 
composées de soldats réguliers, donne à Edhem-pacha 
l’ordre de prendre l’offensive, envoie ses passe-ports au 
ministre de Grèce à Constantinople, le prince Mavrocordato. 
La guerre est déclarée. L’Allemagne prend sous sa protection 
les sujets ottomans en Grèce. La France accepte et partage 
avec la Russie et l’Angleterre le soin de protéger les nom 
breux sujets grecs de l’empire ottoman. Les puissances 
renoncent à leur projet de bloquer Volo et le Pirée; elles 
rentrent dans la neutralité la plus complète ; elles ne cher 
chent plus qu’à empêcher la guerre de s’étendre, attendant 
l’occasion d’interposer leur médiation. 
Les Serbes et les Bulgares étaient disposés à ne pas 
créer d’autres difficultés au sultan et à la diplomatie euro 
péenne, mais ils voulaient la récompense de leur sagesse et 
pressaient leurs gouvernements de profiter des circonstances 
pour s’assurer des avantages dans l’empire turc. Le gouver 
nement bulgare demanda et obtint de la Porte l’érection de 
trois nouveaux évéchés bulgares en Macédoine, à Melnik, 
Stroumitza et Koukouch, et le droit d’entretenir des agents
	        
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