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l’ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
administratif. La première phase de son existence
ne se passa pas non plus sans que le Zollverein, qui
avait réussi à se constituer au dedans et à se donner
des limites bien arrêtées, tentât également d’entrer
comme un tout en communication avec les États
voisins, et de mettre l’unité et l’organisation récem
ment acquises à l’épreuve, en contractant avec eux
des traités de commerce et de navigation. Le hasard
voulut qu’il nouât tout d’abord des rapports avec la
nation la plus rompue aux affaires qui fut, avec
les Hollandais; et, bien que cet essai dans le do
maine périlleux de la politique douanière extérieure
n’eût pas été particulièrement heureux, et que le
traité conclu dût être résilié déjà au bout de quel
ques années, la négociation même et l’agitation qui
en fut la suite n’en exercèrent pas moins une in
fluence marquée sur la marche ultérieure de l’asso
ciation. Aussi voulons-nous, en l’honneur de ce dé
but diplomatique, nous y appesantir quelque peu.
Jusqu’à l’aurore de la Révolution française, la
Hollande avait tenu entre les mains la plus grande
partie du commerce avec le Midi et l’Ouest de l’Al
lemagne, et, en pourvoyant les provinces rhénanes,
la Westphalie, la Franconie, la Bavière, la Souabe,
la Bohême, le Tyrol et d’autres parties de l’Autriche
de denrées coloniales, elle en retirait par contre les
produits bruts et manufacturés. C’est dans ce trafic
lucratif qu’il faut chercher la source delà richesse
hollandaise, c’est à lui que la Hollande était rede-