Full text: Oeuvres complètes

ESSAI sun i;inkluem:e m has i*hi\ i»i:s nuús. 
noire pro^ire récolte était insu Misan te, oil I iinpoi talion a été dé 
terminée par l’état des prix , et oii nous n’a\ons reswMili aucun des 
effets de l’eneomhrement ; — ipielle n’eùt pas été la grandeur du 
désastre, si le taux du blé était descendu à une 1/2 1. ster. le quarter, 
ou au huitième du prix actuel; car les effets de l’abondance ou de la 
disette sur le prix du blé obéissent a une proportion müiumenl 
plus rapide que le simple rapport de l’accroissement ou de la dimi 
nution en quantité. Voilà donc les inconvénients qu’auraient à subir 
les pays d'exportation. 
Les nôtres ne seraient certes pas légers. J’avoue qu’une diminution 
considérable dans nos approvisionnements ordinaires, se montant 
probablement au huitième delà consommation générale, serait un dés 
ordre d’une immense portée. Mais nous avons déjà obtenu du dehors 
un contingent semblable à une époque meme où la culture n’y était 
ni stimulée, ni régularist'C par notre marché, ^ous savons tous l’ef- 
licacité prodigieusi' que des prix élevés ont sur la quotité de l’offre. 
Personne ne doutera , je pense, que nous ne puissions tirer un ap 
provisionnement considérable de ces pays avec lesquels nos relations 
seront toutes pacifiques. Kt cet approvisionnement, joint à un em 
ploi économique de nos propres ressources et a la quantité de blé 
en réserve *, suffirait à nos besoins jusqu’au moment où nous aurions 
consacré à notre territoire et à une production future, le capital et le 
travail nécessaire. Je n’Iiésile pas à reconnaître que ces perturba 
tions seraient fatales; mais d’un autre côté je suis persuadé que nous 
ne serons jamais l'éduits à de telles alternatives et, qu’en dépit de la 
guerre, les pays étrangers persisteront à verser sur nos marchés le 
blé qu’ils ont cultivé pour notre consommation. A l’époque où l’ini 
mitié de Bonaparte était à son comble, oii tout commerce était probilié 
etoù une mauvaise riicolte avait renchéri nos prix, il permit d’expor 
ter du blé eu AngleWrre et distribua des licences à ex*t effet. D’ail 
leurs de tels événements n’éclatent pas tout à coup, un danger aussi 
terrible s’annonce toujours par d(is pressentiments et on saurait 
lui opjioser de puissantcis précautions. Serait-il donc sage de créer des 
lois entièrement destinées à prévenir des maux qui peut-être n’éclate 
ront jamais’? Scrait-il sage de dévorer annuellement un rev enu de quel 
ques millions dans le but de conjurer des désastres hypothétiques. 
’ Uoniine Londres devrait être un entrepôt pour les blés étrangers, cette ré 
serve pourrait atteindre un etiiffre élevé.
	        
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