52 L’ÉMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
de la forêt vierge, rendrait des services inappréciables,
comme dans l'Inde! ,
Au Congo belge, on compte soixante-trois éléphants
domestiqués et qui travaillent. Aucun dans notre Congo.
Passons, cé sujet est vraiment trop triste !
Cendrillon n’à& pas eu à souffrir que de carences,
d’erreurs ou d’expériences mal établies dans leurs plans
et méthodes. Elle a souffert aussi d’une grande pauvreté
démographique et des conséquences à longue portée de
l’abandon où on l’a si longtemps laissée, comme des
erreurs commises dans la gérance de ses intérêts.
Songeons que, pour une superficie de 2 500 000 kilo-
mêtres carrés, elle n’avait qu’une population des plus
réduites. En 1894, en raisonnant sur les données des explo-
rateurs, je l’évaluais à 8 millions. On pouvait discuter
et soutenir avec d’excellentes raisons qu’elle ne dépassait
pas 5 millions, aucun recensement valable n'ayant pu
être institué. Mais le fait d’un dépeuplement marqué
n’est pas discutable. Il n’est pas un seul colonial, ayant
voyagé au Congo avant 1900, qui puisse reconnaître
cé pays dans les tableaux qu’on lui en présente aujour-
d’hui. Les causes de dépopulation sont multiples.
On ne peut nier que la pénétration et l’organisation du
pays, en abaissant les barrières dont s’entouraient les
tribus et les villages, ait donné à des fléaux naturels
(variole, trypanosomiase) qui n’existaient çà et là qu'à
l’état sporadique, le caractère d’endémies meurtrières.
On ne peut nier que les besoins de l’expansion par l’inten-
sité nécessaire des transports à tête d'homme, et la récolte
du caoutchouc d’impôt et de commerce en éloignant
les hommes du village pendant de longs jours ou semaines,
aient eu une influencé fâcheuse sur la vie du village et de
la famille. Si l’on n’a pas fait à proprement parler la con-
quête du pays, il a bien fallu tout de même procéder à
des répressions nécessaires là où des anthropophages