L’AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE 55
de reconstituer la production caoutchoutière qui s’étei-
gnait, et la France, dans peu d’années, produira la
majeure partie des 50 000 tonnes de caoutchouc qu’elle
emploie.
M. Lamblin va continuer par le caféier qui pousse
dans sa colonie à l’état spontané.
C’est l’analogue de ce qui se passe dans mon pays
d’origine, pays de très petite propriété où chacun possède
qui 5, qui 10, qui 20, qui 50 noyers et, dans la même
proportion, des pruniers reine-Claude. Dans l'ensemble
du pays ces récoltes produisent des millions.
Et la conséquence la plus heureuse du système est
celle-ci : les noirs de l’Oubanghi verront leur vie s’amé-
liorer considérablement, et ceux-là résisteront beaucoup
mieux à l'assaut des fléaux naturels.
30 La lutte contre leg fléaux naturels est engagée avec
une vigueur toujours croissante. Institut Pasteur de
Brazzaville, médecins de l’assistance médicale, plus nom-
breux et mieux payés pour une tâche qui exige tant
d’abnégation de soi, sont attelés à la besogne et les ré-
sultats obtenus sont des plus démonstratifs. On ne sau-
rait trop encourager, une telle œuvre. Il ne manquera que
d’y ajouter une politique générale de démogénique
destinée à sortir les races les plus aveulies du régime habi-
tuel de sous-alimentation où elles vivent. Il les faut
reconstituer ethniquement.
La cause du Congo m'a toujours été particulièrement
chère ; l’histoire de Cendrillon peut paraître par moments,
et à certains points de vue, assez triste, mais je la trouve
passionnante. Il nous faut la doter : nous serions criminels
si nous la laissions retomber dans le quasi-abandon de jadis.
L'Afrique équatoriale est par excellence le pays où
l’homme, fonctionnaire ou civil, peut trouver la joie la
plus forte qui soit, celle de créer — car tout y est à faire.
J’ai la conviction que tout y sera fait !