MADAGASCAR
chauds et des pays tempérés y sont possibles. Enfin,
l’étendue et la valeur des pâturages favorisent l'élevage,
le cheptel bovin comprend déjà 8 000 000 de têtes; on
compte plus de 60 000 moutons et plus de 300 000 porcs.
Les richesses minières sont encore peu connues ; le
fer et le cuivre ont été exploités autrefois par les indi-
gènes, mais actuellement le graphite, le mica, le cristal
de roche, les minéraux radioactifs retiennent l'attention
des exportateurs. L'or est également une réserve d'avenir,
on ‘en traite 400 à 500 kilogrammes actuellement.
Lorsque nous aurons dit que la ceinture de forêts
plus ou moins compactes couvrant les contreforts orien-
taux du plateau central et les plaines orientales renferment
des bois d'œuvre et d’ébénisterie abondants et de grande
valeur ; que la pêche maritime, elle aussi, peut fructueu-
sement s’exercer le long des côtes; qu'enfin le relief
tourmenté du sol fut pendant longtemps le principal obs-
tacle à la pénétration dans l’intérieur, car seul l’homme
pouvait transporter voyageurs et marchandises par des
sentiers où les forêts, les rivières. les marais, les pluies et
la fièvre accumulaient une collection d’obstacles dont
ceux qui les ont surrhontés péniblement gardent le sou-
venir, lorsque nous aurons donné ces indications nous
aurons montré que Madagascar est riche en ressources
naturelles de toutes sortes, dont l'exploitation n’est pas
toujours facile et que la parole du fabuliste y trouve son
application : c’est le fonds qui manque le moins.
Il s’agit de le travailler, de se donner de la peine et,
pour cette mise en valeur, trois conditions sont néces-
aires : une population intelligente et laborieuse, de
l’énergie industrielle et des moyens de transport. Lais-
sons la première pour la fin.
L'énergie industrielle ne manque pas. La déclivité des
rivières, la quantité d’eau tombant annuellement, variant
d’un mètre à trois, assurent des réserves d’énergie hy-
draulique indéfinies. Des gisements de charbon ont été
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