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L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
important des riches estivants égyptiens et même méso-
potamiens qui affluent au Liban dès que le pays est calme.
Mais ce n’est là qu’un heureux commencement de
redressement dont on serait coupable de se contenter,
car il faut faire beaucoup mieux. On le peut, et ceci
m’amène à examiner brièvement les diverses sources
de prospérité des pays sous mandat français :
D’abord et en premier lieu le commerce de transit,
favorisé par le fait que le port de Beyrouth est actuelle-
ment le seul organisé entre Smyrne et Port-Saïd, mais qui
a besoin pour prendre son entier développement, nous
l’avons vu et je n’y insiste pas, de conventions douanières
plus favorables. C’est d’autant plus nécessaire que la voie
nouvelle ouverte en 1924 aux transports automobiles à
travers le désert entre Damas et Badgad puis la Perse,
donne passage non seulement à des voyageurs (en 1924,
3 786 voyageurs vers Bagdad ou la Perse, 2 800 en sens
inverse) mais aussi à des quantités intéressantes de mar-
chandises de prix (130 000 kilogrammes en 1925, après
la conclusion d’un accord de transit avec l'Irak).
Du côté de la production c’est la terre qui peut à bref
délai devenir une source importante de prospérité. Par
là il ne faut pas entendre la culture des céréales, car la
Syrie peut tout au plus prétendre à en produire la quantité
nécessaire à sa consommation. En raison du peu d’étendue
de bonnes terres situées à proximité des moyens de trans-
port actuellement existants comme aussi à cause de la
rareté de la main-d’œuvre, c’est de la culture des produits
chers qu’il faut attendre des rendements vraiment rému-
nérateurs ; c’est-à-dire : les fruits (oranges, abricots,
raisins), les olives, le tabac et avant tout la soie et le
coton sur lesquels il convient de s'arrêter un instant.
La sériciculture est depuis longtemps une des richesses
de la région côtière de la Syrie. La guerre, en amenant la
destruction d’un grand nombre de mûriers, lui a porté
un coup sérieux, dont l’administration française a fait