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L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
et par là j'en viens au problème militaire qui n’est en
somme qu’un problème de sécurité intérieure.
Les forces destinées à maintenir l’ordre dans les pays
sous mandat, comprennent : des troupes françaises, des
troupes auxiliaires syriennes et des effectifs de police
et de gendarmerie.
Pour le moment, les troupes françaises sont les seules
forces sur lesquelles il soit possible de compter de façon
absolue. Les troupes auxiliaires syriennes et les gendarmes
ne sont pas encore, quoiqu'il y ait eu de glorieuses excep-
tions, suffisamment solides ou désolidarisées de toute
complicité avec des habitants en insurrection.
Il faut donc maintenir à cet ensemble de forces un
dosage qui lui permette de faire face aux obligations qui
viennent d’être définies. Mais le programme, en ce qui
les concerne, doit être d’augmenter, en les organisant
solidement, les troupes syriennes et la gendarmerie de
façon à diminuer parallèlement la quantité des troupes
françaises. Il y a à cela un double intérêt : tout d’abord
celui de réduire l’effort français en hommes et en argent,
et en second lieu celui de satisfaire à la préoccupation
que doit avoir le mandataire de faire œuvre qui dure une
fois sa mission terminée.
En ce qui concerne l’entretien des forces syriennes,
celui des gendarmes, dont le nombre est d’environ 5 000,
est assuré par les États ; par contre la légion syrienne, qui
coûte annuellement 40 millions, est encore, pour la plus
grande partie, à la charge de la France. En 1922, 1923,
1924, les États lui ont remboursé annuellement 3 mil-
lions ; en 1925 ils ont porté leur contribution à 7 millions
et demi ; en 1926 à 10 millions ; leur situation financière
permet d’entrevoir qu’à bref délai l’entretien complet des
forces syriennes sera à leur charge. La réalisation du
programme est donc amorcée.
D’un autre point de vue, et pour clore ce sujet, un
point important est à mettre en lumière : pour que