2. — L’ACTION DE LA FRANCE EN SYRIE
par M. Robert DE Carx,
ancien secrétaire général du haut-commissariat
de la France en Syrie et au Liban,
Je voudrais répondre à la double question que notre
action en Syrie inspire à beaucoup de nos compatriotes
dont plusieurs ne se la posent d’ailleurs qu’avec le parti
pris de lui donner une réponse négative : la revendica-
tion du mandat pour la Svrie et le Liban était-elle né-
cessitée par la nature des intérêts que nous avions à
défendre non seulement en Orient, mais même dans le
reste du monde, et avons-nous réellement appliqué le
mandat?
Répondre à la première de ces questions serait, en
somme, situer l’affaire syrienne dans l’ensemble de nos
entreprises d'outre-mer.
Ici s'impose une observation préalable. C’est seule-
ment par une certaine analogie, mais nullement par l'effet
d’une assimilation, surtout pas d’une assimilation juri-
dique, qu’un exposé sur la Syrie peut être placé dans
une série sur l'empire colonial de la France. Le mandat
diffère essentiellement des dominations coloniales qui
n’ont pas de terme, en ce qu’il est, en principe, une tâche
temporaire. C’est une tutelle chargée de conduire des
populations encore mineures jusqu’à leur majorité poli-
tique. Tel est nettement le caractère que lui imprime
l’article 22 du pacte de la Société des Nations en ce qui