Full text: L' empire colonial français

LA SYRIE 
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par eux-mêmes. De là les mandats. Croit-on que sous 
celui d'une autre puissance européenne nos écoles auraient 
continué à trouver en Syrie le milieu commode que leur 
avait fait le vieil Empire ottoman? On a dit que nous 
aurions pu faire signer, en ce qui les concerne, une charte 
pour laquelle un mandataire quelconque leur eût donné 
toutes les garanties. On a même invoqué l’exemple de 
l'Égypte où nos écoles et notre langue se maintiennent 
après quarante-quatre années d’occupation anglaise. Il 
ne faut pas oublier cependant que l’Égypte est un pays 
de richesse exceptionnelle où l'on trouve plus d’indépen- 
dance envers le pouvoir que dans un pays de richesse 
moyenne comme la Syrie. Mais surtout, à côté du droit 
que peut se réserver une nation de conserver des écoles 
à l’étranger, il y a la réputation qui fait que ces écoles 
ont ou n’ont pas une clientèle. 
Au lendemain de la guerre, qui a marqué un grand 
tournant pour l’histoire et l’opinion des peuples, on nous 
attendait en Syrie. Toute notre politique passée avait 
montré que la France se réservait de prendre en main 
les destinées de ce pays s’il venait à changer de souve- 
raineté. En 1912, nous avions obtenu une déclaration du 
gouvernement de Londres y reconnaissant la prédomi- 
nance des intérêts français. En 1916 nous nous étions, 
dans des accords avec l’Angleterre et la Russie sur les 
pays à détacher de l’Empire ottoman, fait reconnaître 
la Syrie comme zone d’influence. Ne donner à tout notre 
passé aucune suite au lendemain de la victoire, c’était 
faire faillite aux yeux de tout l’Orient et, par conséquent, 
nous exposer gravement, quels que fussent nos contrats 
avec la nation qui prendrait la place désertée par nous, 
à voir vider nos écoles des confins de la Grèce et de la 
Tripolitaine jusqu’à la Perse : on ne se met pas volon- 
tiers à l’école des faillis, surtout lorsque d’autres s’offrent. 
C’est pourquoi, si nous ne voulions pas voir notre vic- 
toire elle-même avoir, en changeant le statut de la Svrie,
	        
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