LA SYRIE
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elle ne sera plus nécessaire bien avant qu’un acte interna-
tional vienne la faire disparaître en droit.
Ceci me paraît achever de répondre à la question :
avons-nous appliqué le mandat?
Nous l'avons appliqué aussi, il faut le dire, en réser-
vant au mandataire, par les textes déjà en vigueur en
Syrie, comme nous lui réserverons demain par le statut
organique prévu par le mandat, le droit non seulement
de conseiller, mais encore de suppléer, de redresser en
cas d'erreur et de suppléer en cas de carence les pou-
voirs indigènes. Le mandat est une tutelle et ne sau-
rait se borner comme tel à adresser des exhortations
impuissantes au mineur. Il n’est pas de meilleur juge de
ses obligations que la commission des mandats de la
Société des Nations ; or, je puis affirmer que si elle suit
de près notre gestion, elle n’a aucun désir de voir se
réduire les pouvoirs qui sont la condition même de notre
responsabilité.
Je dois d’ailleurs noter en passant qu’il est, dans les
pays de mandat et spécialement au Liban, des hommes
plus soucieux de progrès substantiels que de revendica-
lions théoriques et prématurées, et qui estiment que nous
sommes déjà allés trop loin en dotant les pays syriens
d'institutions que le passé ne les a préparés en rien à
faire fonctionner convenablement.
Ce serait, en effet, être optimiste que d'attribuer au
jeu spontané de ces institulions les améliorations maté-
rielles apportées en Syrie et au Liban. C’est aux efforts
du mandataire et d’un petit nombre de bons fone-
tionnaires syriens et libanais que sont dus ces budgets,
créés et mis en équilibre de 1920 à 1923 et donnant depuis
lors des excédents croissants, et les mesures variées prises
pour assurer la prospérité économique de la Svrie et du
Liban : revision et consolidation du régime foncier par
l’immatriculation des propriétés et l’établissement du
cadastre : efforts techniques pour développer la production