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L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
dissante de l’avenir. La situation déjà acquise des budgets
de la Syrie et du Liban montre que nous avons, dès à
présent, sur ce point, mieux qu’une vague espérance.
Il conviendra de commencer par faire supporter aux
pays de mandat une part croissante du budget des troupes
indigènes, encadrées en partie d’officiers syriens et qui
sont l'embryon d’une armée nationale. Lorsque celle-ci
sera payée par les États dont elle devra aseurer seule,
plus tard, la défense, on pourra commencer à demander
à la Syrie et au Liban d’assumer une part de plus en plus
large des dépenses d’entretien des forces françaises qui
resteront pour un temps, sans doute encore assez long,
nécessaires à ces pays.
Il est clair cependant que nous ne rentrerons pas dans
la totalité de nos dépenses, Les comptes d’une tutelle
comme le mandat ne peuvent se régler par l’imposition
à de jeunes États d’une dette qui les accablerait pendant
de longues années. Nous sommes d’ailleurs payés en
partie, même matériellement, de nos débours. On peut
en donner des indices statistiques. La part de la France,
dans le mouvement commercial dont les remarquables
progrès vous ont déjà été signalés, n’a cessé de grandir ;
nos importations en Syrie tendent à rejoindre celles de
l'Angleterre (132 contre 159 millions en 1925). C’est la
France qui utilise la plus grande partie des exporta-
tions syriennes, après les pays limitrophes, consomma-
teurs naturels des grains, bestiaux et fruits des pays
syriens.
Cette tendance de la nation mandataire à prendre une
part prépondérante au commerce des pays confiés à sa
tutelle n’est pas due à un régime de faveur qu’exclut le
mandat, lequel stipule pour tous les pays membres de la
Société des Nations une égalité avec laquelle nous n’avons
jamais cherché à biaiser. Mais là comme ailleurs se révèle
la vérité de la maxime : « le commerce suit le drapeau. »
La présence d’une autorité française a amené une grande